Claude GENOVA

Claude Genova, dit "le Gros",1,80mètre, 103kilos de muscle, a commencé sa carrière à 15ans, petit voleur et receleur. Né en Tunisie, il a grandi en Seine-Saint-Denis, près de Montreuil, traînant avec la communauté gitane sédentarisée du quartier de la Boissière. Il y marie une de ses filles. A 24ans, le Gros commence son ascension. Et multiplie les condamnations: faux et usage de faux en 75, infraction à la législation sur les armes en 79, fausse monnaie... «A l'époque, Claude possédait quatre studios rue Blondel avec huit à dix filles qui tournaient dans chacun, se souvient un ancien collègue. Une fille, Martine, s'en occupait pour lui et jetait aussi un oeil sur ses intérêts au bois de Vincennes. Mais il avait également d'autres casquettes.»
En l'occurrence, il joue les gros bras pour quelques amis d'extrême-droite et propose ses services à la classe politique. En 1975, il assure la protection du candidat Giscard aux élections. Recruté par Hubert Massot, ancien de l'OAS, patron de la sécurité du futur président. Au fur et à mesure, Genova s'éloigne d'Ordre nouveau et sectorise ses activités. Pas de mélange des genres. Car le truc du Gros, c'est le grand banditisme, dont il rejoint le fichier en 1985. Il prend la suite des frères Zemmour, qui tiennent le haut du pavé parisien depuis la fin des années60 et dont les derniers représentants tombent en 1983. Une chute à laquelle il ne serait pas totalement étranger... La voie est alors libre pour se tailler la part du lion. Il se lie aux grands noms du secteur à Nice, à Bastia (sa mère est corse), et bien sûr dans la capitale. Son casier montre qu'il sait diversifier ses activités: extorsion de fonds, faux et usage de faux, menace d'atteinte aux personnes et escroquerie en 1982 ; proxénétisme hôtelier en 86 pour 2 studios; recel, vol aggravé, infraction au régime des armes, munitions et explosifs en 89...
Les journées du Gros sont bien remplies. Ses poches aussi. «En novembre 1989, il est arrêté par les policiers de la BRB. Ils le soupçonnaient d'être à la tête d'un trafic de véhicules volés portant sur deux cents voitures», se souvient Maître Rep, conseil de Genova à l'époque. D'abord incarcéré à la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, il est condamné à cinq ans de prison et transféré à la centrale de Saint-Maur (il y écope d'un an supplémentaire pour un coup de poing asséné au directeur) d'où il continue à traiter ses affaires. Qui ne plaisent pas à tout le monde. Genova a une fâcheuse manie, celle de «descendre à la cave» certains de ses collègues, qui ne veulent pas partager. Qu'une équipe réussisse un beau coup et Genova en exige une partie. En cas de refus, les récalcitrants sont «travaillés», notamment à coups de perceuse dans les articulations... Une pratique qui va causer sa perte. Alors qu'il est incarcéré, des concurrents commencent à marcher sur ses brisées, reprenant peu à peu ses affaires. A leur tête, trois frères gitans originaires de Montreuil, qui ont démarré avec lui avant de s'émanciper. A leurs côtés, une dizaine de jeunes Maghrébins et de «Français» du même coin. Un melting-pot révélateur de la nouvelle génération des grands voyous.
Le clan fait de l'ombre au Gros, qui va bientôt sortir et aimerait reprendre sa place. Branle-bas de combat. Lors d'une permission de sortie en février94, Claude rejoint ses troupes dans une planque pour fomenter la riposte. Qui ne tarde pas. Un fidèle des trois frères, la «Gelée », est enlevé. Et finalement libéré contre une rançon. Il aurait dû sa survie à sa qualité de beau-frère de la «Puce», l'un de ses ravisseurs. Genova rentre en prison et les hostilités commencent. En mai, Eric Pasquet, dit «Petit Riquet», 32ans, proxénète et lieutenant de Genova, responsable de l'enlèvement, est décapité par une rafale de chevrotine alors qu'il circule en voiture rue de Charonne en compagnie du boxeur Christophe Tiozzo. Conscient des tensions et particulièrement méfiant, Genova investit dans une Renault 25 blindée et un blouson de cuir Mac Douglas pare-balles en prévision de ses permissions et de sa sortie prochaine. En parallèle, Joël Guignon, un de ses associés, commence un repérage des points de chute et des véhicules du clan adverse. Pas assez discrètement. Le 12juin, il est éliminé à Nogent-sur-Marne à proximité de son domicile. Le lendemain, un certain «Pépé» riposte et abat deux frères gitans soupçonnés, à tort, d'être liés au clan de Montreuil. Le même jour, «Féfé le brochet», autre collègue du Gros, est à son tour abattu.
Les rangs s'éclaircissent autour de Genova. Ce qui ne l'empêche pas de sortir en permission le 20août suivant. Sans se douter qu'il va être le héros d'un macabre scénario, extrêmement bien réglé par deux indépendants, Karim et Jean-Dominique Poletti. Connaissances de Genova, ils lui proposent, en sa qualité d'«autorité», de régler le différend qui oppose Pépé à la famille de ses deux victimes du 13juin. Rendez-vous est pris pour le 22août à 20heures au bar du Palais des Congrès. Entre-temps, le duo a manoeuvré pour faire remplacer le chauffeur habituel de Genova, Néné, maquilleur et voleur de voitures, par un cave, ami du Gros. Pour mettre ce dernier en confiance, il est d'ailleurs prévu de dîner après l'entrevue avec les dames de chacun aux environs de Senlis.
Ce soir-là donc, Genova, accompagné de sa maîtresse, retrouve son chauffeur et son amie, ainsi que les duettistes. Dans le coffre de sa voiture sont entreposés 800000francs pour désamorcer la querelle. La famille des victimes n'étant pas venue, une fois le coup bu, Genova, le chauffeur et leurs dames regagnent la R25. Il est 21h30. Alors que les couples marchent sur boulevard Gouvion-Saint-Cyr, en face de l'hôtel Méridien, une Volvo s'arrête en double file à leur hauteur. Le passager arrière, tout de noir vêtu, le visage caché par un foulard, en jaillit, se faufile entre les voitures en stationnement et tire en tenant son fusil à la hanche. Un premier coup atteint Genova, qui tente de s'enfuir. Le corps pivote, l'exécuteur double son tir, effleure sa cible. Le troisième tir est mortel. Genova, à terre, est abattu à bout portant derrière l'oreille droite. En bon professionnel, le tueur ramasse ses étuis vides et regagne la voiture et ses deux occupants cagoulés.
Le chef mort, les survivants ne baissent pas les bras. Dans la nuit du 23 au 24 mai 1995, trois attentats sont perpétrés contre des intérêts (fruit de fructueux braquages de fourgons) des frères de Montreuil. Sept cents grammes de plastique endommagent deux de leurs cinq boîtes de nuit, le Fun Rai d'Evry (91) et le Triangle à Andilly, dans le Val-d'Oise. Et un engin incendiaire est lancé à travers la vitre dans un restaurant du Perreux (94) appartenant à un membre de l'équipe. Sans dommage. Poletti s'en tirera, lui, à moins bon compte. Le 3août 1995, vers 19heures, une moto s'arrête à la hauteur de sa Mercedes stationnée au pied de son domicile de Boulogne-Billancourt (92). Le passager ouvre le feu et l'abat au volant. Poletti attendait Karim. Arrivé avec quelques minutes de retard au rendez-vous, ce dernier est depuis parti se mettre au vert en Algérie.


Biographie parue dans l'état dans le Nouvel Observateur.

Le nouvel obs
# Posté le dimanche 13 mars 2005 17:48
Modifié le dimanche 25 février 2007 12:51

François Scapula, dit "Lebrun"

François Scapula, dit "Lebrun"
François Scapula, dit François le brun aurait été un chimiste, c'est à dire une personne chargée de transformer la morphine-base en héroïne dans les laboratoires clandestins. Il fut arrêté en suisse, près de Zurich, en 1985, pour une importante affaire de drogue. Il fut à ce titre entendu par la justice américaine. Il aurait joué un rôle dans l'affaire du laboratoire de transformation de l'héroïne de Phoenix. Lebrun est alors auditionné par John Carroll et est bien décidé à se mettre à table en échange du programme de « witness protection ». Il aurait été près à livrer des infos à la justice en l'échange d'une nouvelle vie aux USA, à savoir un nouveau visage et une nouvelle identité. Acceptant la proposition de François, Carroll aurait obtenu des noms de truands, dont d'énormes poissons, tels que les frères Benevento, une des grands famille de la Mafia Italo Américaine. Décidé à ne pas s'arrêter en si bon chemin, Scapula aurait également jouer son rôle de repenti en France, où il était également poursuivi, de manière à effacer au maximum son ardoise. C'est auprès du juge Michel Debacq, ancien auditeur du juge Michel (voir article « L'assassinat du Juge Michel »), qu'il aurait offert le nom de Francis Vanverberghe, alias Francis le Belge. Il aurait décrit comment le Belge a exporté 20 kg d'héroïne vers les USA en faisant transiter la drogue par l'Espagne. Au cours de son procès (auquel Lebrun n'assistait pas), Le Belge accusera Lebrun d'avoir « sur les mains le sang d'un magistrat marseillais », en référence à l'assassinat du juge Michel. Pourtant, quelques temps auparavant, François aurait balancé les noms des tueurs du magistrat marseillais, tout en niant sa participation. Il aurait cependant reconnu être lié à cette affaire à la justice américaine. Actuellement détenu en Suisse, il est un des plus ancien prisonnier du pays.
# Posté le dimanche 13 mars 2005 15:24
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

L'assassinat du Juge Michel

L'assassinat du Juge Michel
Le 21 octobre 1981, Pierre Michel (photo ci-contre), 38 ans, premier juge d'instruction à Marseille est abattu par deux tueurs alors qu'il regagnait son domicile. Les meurtriers circulaient à moto. Ils ont tiré trois fois, à bout portant. Une exécution "à la Marseillaise".

Deux jours après l'assassinat de Pierre Michel, une Honda rouge 900cm3 "Bol d'Or" est retrouvée, abandonnée à 2kms du lieu du crime. C'est le premier indice.

L'histoire du juge Michel, c'est l'histoire d'un homme en guerre contre les barons de la drogue de la "French connexion", contre Gaëtan Zampa, le parrain marseillais et ses lieutenants. C"est aussi l"histoire des "grands flics" qui, pendant plus de dix ans, vont tout mettre en oeuvre pour mettre les assassins du juge sous les verrous.

Les caïds marseillais ne manquaient pas de raisons pour vouloir la peau de Pierre Michel. Mais une affaire intéresse plus particulièrement les inspecteurs. Le 8 juillet 1981, un laboratoire de fabrication d'héroïne a été démantelé à Saint Maximin, dans le Var. Sous la direction du juge Michel, la police saisit 17 kg de morphine. Une dizaine de personnes sont inculpées dans cette affaire, dont Homère Filippi et Marc Chambault. Au domicile de Marc Chambault on trouve un nom et une adresse : celle de Gaëtan Zampa. Le juge Michel veut la peau de Zampa depuis longtemps, alors il va tout faire pour obtenir les aveux de Chambault. Il convoque le criminel dans son bureau pour le 23 octobre 1981. Mais Pierre Michel ne pourra se rendre à ce rendez-vous : il est abattu deux jours avant.

Pour les enquêteurs, Zampa devient donc le suspect n°1. Il est arrêté le 27 décembre 1983. Le 16 août 1984, Zampa est retrouvé pendu dans sa cellule à la Maison d'arrêt des Baumettes. Mort, sans avoir eu le temps de livrer ses secrets au magistrat chargé de l'enquête sur l'assassinat de Pierre Michel.

Au printemps 1986, deux truands Français, Philippe Wiesgrill et François Scapula sont arrêtés en Suisse pour une grosse affaire de drogue. Ils risquent de fortes peines de prison et veulent passer un accord avec la justice suisse : ils sont prêts à donner les noms des assassins du juge Michel en échange d'une certaine clémence. Les hommes donnent le nom des assassins de Pierre Michel : François Checchi est le tueur et Charles Altiéri, le conducteur de la moto. Les commanditaires de l'assassinat sont François Girard et Homère Philippi.

Au terme de deux procès, où vont défiler le banc et l'arrière banc du milieu marseillais, ces hommes seront tous condamnés à perpétuité. Mais le mystère est-il pour autant résolu ? Philippi, en cavale, n'a jamais comparu devant les juges. Girard et Altièri, aujourd'hui encore, ils se disent innocents. Quant au rôle de Zampa dans la mort de Pierre Michel, il ne sera jamais établi...



Cet article est un résumé écrit par France 2 pour la promotion son émission "Faîtes Entrer L'accusé".
# Posté le jeudi 10 mars 2005 12:33
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

Gaëtan Lherbon, le noble devenu truand

Gaëtan Lherbon, le noble devenu truand
Une gueule de croque-mort, une réputation d'assassin, mais un nom à particule. Gaëtan Lherbon, baron de Lussats, est sans doute le seul noble à avoir abandonné les armoiries familiales au profit du costume rayé et des pompes bicolores. Sa famille compte de brillants aînés : son grand-père, le général de division Lherbon de Lussats, a commandé les forts d'Aumale et son oncle, le général Amédée Guérin de Tourville, a présidé le Conseil de la guerre. Le baron, lui, sera truand. A 9 ans, orphelin de son père le marquis, il fugue avant d'être repris à la frontière italienne. A 13 ans , on le retrouve sur un cargo à Nice, déguisé en mousse. Après deux ans d'une vie de souffrances et de misère, il atterrit à Londres comme serveur. Au Café français de Dey Street, exactement. Un repaire de souteneurs français, évadés, tricards, voleurs et autres escrocs. Il y apprend la mentalité et les traditions qui régissent le milieu. Fort de son expérience et de ses recommandations, Gaëtan débarque à Montmartre en 1906, à 18 ans. Et prend rapidement la direction de la Santé pour recel. En sortant, le garçon enchaîne les bagarres au rasoir et gagne ses premiers galons dans la pègre. Il devient Gaston Baron, gentleman des boulevards extérieurs. En 14, il s'engage pour la durée des hostilités. De retour sur le pavé parisien en 1920, l'aristo tue un certain Fournier lors d'une partie de cartes dans une chambre d'hôtel de la rue de Douai. Légitime défense. Le jeu lui réussit, Gaëtan en fait sa spécialité.

Sa réputation grandit. En 27, il tient un restaurant de nuit au coeur de Montmartre, le Grand Capitole, avant d'ouvrir deux ans plus tard le Grand Duc. Une boîte pour « invertis », comme on dit à l'époque. Le baron rentre dans l'intimité des hommes politiques pour qui il organise des soirées privées. Le baron circule maintenant en cabriolet bleu, habillé par les meilleurs tailleurs. On s'adjoint ses services. Pour assurer la sécurité du prince Carol de Roumanie et celle d'Henri Torrès, pour défendre la légitimité princière de Monaco en 1928, pour épauler les parrains de Marseille, Carbone et Spirito (avec qui il est associé dans des cercles de jeu à Paris), lors de la campagne municipale de 1932. Cinq ans plus tard, il pose définitivement son sac sur la Côte d'Azur. Grâce à ses relations, le truand décroche l'autorisation d'installer des machines à sous dans la principauté. Il y meurt riche et vieux en 1962.
# Posté le mardi 08 mars 2005 16:54
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

Quelques tueries mythiques

Quelques tueries mythiques
Tuerie du bar du téléphone (Marseille), 3 octobre 1978 (photo ci-contre)

Cette tuerie est l'une des (la?) plus meurtrières dans le monde du crime organisé mondial. Elle a fait pas moins de dix victimes (Alain Armanian, Guy Audemard, Fernand Bourrelly, Henri Ciron, Francis Fernandez, Noël Kokos, Jean-Claude Quercia, Paul Straboni et Marcel Touchard, consommateurs - André Léoni, patron du bar). Le carnage de sera jamais officiellement élucidé, même si la thèse policière veut qu'il s'agisse d'un réglement de comptes entre proxénètes qui aurait "mal tourné". De forts soupçons ont plané à l'époque sur Gaétan Zampa , le caïd marseillais. Il faut cependant reconnaitre que, dès qu'une affaire éclatait sur Marseille à cette époque, Zampa était toujours le suspect n°1, souvent à tort. Rien ne permet donc d'affirmer aujourd'hui qu'il soit, de près ou de loin, lié à ce drame. A noter que le juge d'instruction chargé de l'affaire était Pierre Michel, lui-même abattu trois ans après presque jour pour jour. Les gangsters de Chicago, qui détenaient le triste record de la tuerie la plus meurtrière avec le célèbre massacre de la Saint-Valentin sont depuis ravalés au rang de Poulidor du massacre organisé.


Tuerie du Bar du Tanagra (Marseille), 31 Mars 1973

Cette tuerie a fait 4 morts. Le bar du Tanagra est un endroit d'assez triste réputation. En effet, en 1968, soit 5 ans plus tôt, une tuerie avait déjà fait 3 morts, le bar s'appelait alors le Rustique.

Voici l'article paru dans Le Provençal, au lendemain de la tuerie, le 1er avril 1973 :

« Tuerie sur le Vieux-Port »
« Marseille, le31 Mars, 18h50. La ville se repose. C'est le week-end. Dans es eaux noires du Vieux-Port où se reflètent, symphonie bigarrée, les néons de la ville, les barques twistent, au rythme lent de l'eau qui bat comme une aorte. Ca sent bon le violet et la moule. Des passants vont et viennent d'une allure de promeneurs. Le soir est tiède. On est vraiment entré dans le printemps. Après l'élégant bâtiment de la Mairie, à la hauteur du numéro 218, il y a un bar-cabaret : le Tanagra. Il faut le dire, c'est un charmant cabaret. Les murs sont tendus d'une riche tapisserie rouge et or. Il y a de petites appliques, style romantique. La lumière est tamisée. Le comptoir est en briques sombres. Sous les arcades de pierres ocres, deux bars de même type encadrent le Tanagra : le Chou-chou bar et le Lido. Le Tanagra, comme la plupart des cabarets en 1973, possède son Juke-box : un Jupiter. Le décor est complété par des chapeaux noirs à large bord que l'on a accroché aux murs. Derrière le comptoir, une pancarte jaune : « Demandez le cocktail Tanagra ».
Quai du port, 18h55. C'est la boucherie. Soudain. L'odeur du sang et de la poudre. La mort. Rapide. Distribuée comme dans Le Parain, en moins de vingt secondes. Les victimes : Joseph Lomini, 34 ans, domicilié à Marseille, 2, Bd Piot, à la Pointe Rouge. On l'appelle « le Toréador ». C'est une force de la nature : 1m85, 90kg. Il a été tué sur le coup. C'est un truand notoire, condamné pour violences et proxénétisme. En juillet dernier, son frère Roger a écopé de quinze années de réclusion criminelle devant la cour d'assises des Bouche-du-Rhône, sous le chef d'inculpation d'attaques à main armée. Il opérait dans le gang des « Caisses d'Epargne ». Les trois autres morts sont : Carmen Ambrosio, 40 ans, née Mérino, à Madrid, domiciliée 108, Corniche Kennedy, à Marseille. Elle a été tuée sur le coup, derrière son comptoir, également atteinte à la poitrine ; Jean-Claude Napolitano, 25 ans, demeurant 146, Corniche Kennedy, et Ansan-Albert Bistoni, 62 ans, domicilié quartier Malakoff à l'Isle-sur-Sorgue, dans le Vaucluse. On l'appelait « l'Aga Khan ». Bistoni et Napolitano sont morts au cours de leur transfert à l'hôpital. »

En fait, la cible de cette tuerie était probablement Joseph Lomini. Homme de Zampa, Lomini était suspecté d'avoir abattu Robert di Russo (un lieutenant de Francis le Belge) quelques jours avant l'épisode du Tanagra. En effet, alors qu'il avait rendez-vous avec Di Russo pour la vente de plusieurs kilo de drogue, Lomini aurait tué ce dernier afin de lui prendre l'argent de la victime et de conserver la marchandise. Le Belge aurait alors voulu venger la mort de son lieutenant en exécutant Lomini. Ce serait un tueur d'origine italienne qui se serait chargé de cette mission. Bien que suspecté, Le Belge ne sera, faute de preuve, jamais condamné pour cette affaire. Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'il est, de près ou de loin, lié à cette affaire. A noter que cette version n'apparait que dans quelques ouvrages relatant du Milieu (Tchao Parrain de M. Zampa ou Le Belge - tome1 de Thierry Colombié). Là encore, rien ne permait d'en assurer la véracité.
# Posté le mardi 08 mars 2005 15:25
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37