Gaetan Zampa

Gaetan Zampa
Au même titre que des Carbone, Spirito, Guérini et autres Zemour, Gaëtan Zampa, dit « tany », fut une des grandes figures de la pègre française. L'homme aux origines napolitaines (via son père) est né en 1933, à Marseille, dans le quartier du Panier. Une naissance à l'intérieur même du Milieu. Son père, après avoir tenu un bar fréquenté par bon nombre de proxénètes et autres voyous marseillais, ira jusqu'à Dakar où il sera tenancier d'une Discothèque. Sans être considéré comme un gros poisson de la pègre marseillaise, il avait acquis une certaine notoriété dans la cité phocéenne. A partir de là, le chemin de son fils semblait tracé.

Comme son rival Francis Vanverberghe, dit « le Belge », Zampa n'attendra pas longtemps avant de commettre ses premiers méfaits . A 18 ans, déjà proxénète, il fait travailler plusieurs filles quartier Saint-Lazare. A cette époque, c'est le clan Guérini, famille très liée au pouvoir municipal, qui règne sur le Milieu marseillais. Zampa n'est alors qu'un second couteau.

Sa montée en puissance va débuter en 1955, année à laquelle il monte à Paris. Gaëtan commence à côtoyer les marseillais et italiens du quartier de Pigalle, parmi lesquels se trouvent quelques voyous aguerris, notamment des membres de la « bande des trois canards », du nom d'un bar de Pigalle, dans lequel les mauvais payeurs sont torturés (voir article sur Jacky le Mat). Ce périple parisien, et notamment ce passage dans la bande des trois canards, lui permettra de constituer autours de lui une véritable équipe comprenant notamment Jean Toci, Gabriel Regazzi ou encore Jacques Imbert, dit « le Mat », qui deviendra son lieutenant dès 1958. Un an plus tard, Gaëtan Zampa, qui a déjà acquis ses lettres de noblesses en matière de proxénétisme et de racket, sera fiché au Grand Banditisme.

Il ne mettra pas longtemps pour prouver aux yeux de tout le monde que cette fiche est méritée. 1960, Réveillon de la Saint-Silvestre. D'une main de maître, Zampa, de retour dans la région, cambriole la CAF de Marseille. Butin : plus de deux millions de francs. Puis vint l'époque de la fameuse French Connection. Si les familles protagonistes de ce réseau s'appelaient Venturi, Francisci, Orsini et Guerini, Zampa voudra lui aussi sa part du gâteau. C'est ainsi qu'il sera suspecté (voir la remarque en bas de l'article) d'être mêlé à des affaires liées aux différents laboratoires clandestins qui peuplaient alors les environs de Marseille. Gaétan a alors l'image d'un flambeur. Il roule en Jaguar et s'affiche en charmante compagnie. Parallèlement, après le fiasco de l'affaire du grand cercle, dans laquelle Antoine Guérini va perdre une partie de sa fortune, le clan Guérini commence à perdre de sa superbe. Une aubaine pour Tany qui lorgne depuis plusieurs années sur l'empire des parrains marseillais. Déjà propriétaire de bars et hôtels, Gaëtan va alors rapidement accroître son parc d'établissements. De nombreuses discothèques telles que l'Annabel's Club ou encore le Krypton (sa boîte amirale) tombent ainsi entre ses mains.

En 1966, alors en pleine ascension, Zampa est condamné pour hold-up. Il passera alors quatre ans à la prison des baumettes. Cette peine ne stoppera en rien sa prise de pouvoir. En effet, le 23 juin 1967, alors qu'il fait le plein de sa Mercedes en compagnie de son fils Félix, Antoine Guérini est abattu « à la marseillaise », par deux hommes en moto (Jacky le Mat fut suspecté d'être l'un d'eux). Deux ans plus tard, son frère, mémé, est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre. La place est alors libre. A sa sortie de prison, en 1970, Zampa prend la succession des Guérini et se retrouve à la tête d'un véritable empire.

Malheureusement pour Zampa, le début des années 70 va voir l'avènement d'un nouveau caïd en la personne de Francis Vanverberghe, dit « Le Belge », qui lorgne lui aussi sur les dépouilles de l'empire Guérini. Celui-ci n'est pas inconnu de Zampa. En effet, à la fin des années 60, ils auraient travaillé en collaboration dans le trafic d'héroïne. L'association aurait tourné au vinaigre lorsque Zampa aurait escroqué Vanverberghe au sujet d'une cargaison d'héroïne. Ce jour là, Francis le Belge et Tany Zampa, secondé par Jacky le Mat, se sont fâché à mort. Le 7 septembre 1972, Zampa fait tuer trois amis du Belge, ce qui s'avérera être le point de départ d'une guerre sans merci. Dans les mois qui suivent, Le Belge perdra trois hommes supplémentaires. Zampa ne sera pas en reste avec 5 hommes au tapis, dont 3 lors de la célèbre tuerie du Tanagra (voir l'article « quelques tueries mythiques »). La police mettra fin aux hostilités en arrêtant Francis "le Belge". En 1975, Zampa sera lui aussi condamné à 8 mois de prison pour port d'armes.

Avec Jacky le Mat, l'histoire se complique également. Deux versions divergent pour expliquer le brouille entre les deux hommes : Jacques Imbert aurait tenté, d'après une note d'enquête, de s'immiscer dans la protection des casinos de la côte d'Azur, dirigés par Dominique Fratoni, en particulier le casino Ruhl à Nice, protection assurée par Zampa et Jean-Pierre Roche, dit « Bimbo ». Autre hypothèse : Imbert aurait racketté le même client que Zampa, l'escroc franco-israélien Flatto Sharon. Toujours est-il que, le 1er février 1977, Le Mat est laissé pour mort devant son domicile, à Cassis. Zampa, J.P Roche et Gabriel Regazzi sont probablement les auteurs de ce meurtre qui ne fut au final qu'une tentative. En effet, malgré les 22 projectiles reçus (11.43+chevrotinne), Le Mat survivra à cet assaut. Cette affaire montre bien l'état d'esprit de Zampa, un homme qui sait être diplomate, mais qui sait aussi faire preuve d'une grande fermeté (il fut un des précurseurs des méthodes ultra-expéditives dans le Milieu). Marié et père de famille, il a toujours dit qu'il serait impitoyable si l'on touchait à l'un des siens.

Suite à cet événement, Le Mat va se rapprocher de l'ennemi juré de Zampa, Francis le Belge, tout en gardant une grande indépendance vis à vis de lui (quelques collaborations ponctuelles). Pour Zampa, les années 1977 et 1978 vont constituer les prémices de son long déclin : Le 3 Mars 1977, Gabriel Regazzi est abattu au volant de sa voiture à Nice. Le 31 Octobre 1977, Jean-Claude Regazzi est abattu par deux tueurs embusqués dans une camionnette. Le 12 Avril 1978, Jean-René Regazzi est abattu devant le restaurant duquel il sortait. Ainsi, trois hommes de Zampa se trouve au tapis. Le Mat ne reconnaîtra jamais être à l'origine de la mort de ces hommes, mais de forts soupçons planent sur lui. Bien que son clan commence sérieusement à s'amincir (ses principaux porte-flingue ont mordu la poussière), Tany ne reste pas sans réplique : En peu de temps, il va y avoir cinq assassinats plus une tentative de meurtre parmi les hommes du Mat. Faisant suite à la guerre menée contre Le Belge, la bataille contre Jacques Imbert à énormément affaiblit le clan Zampa, même s'il est toujours à l'époque considéré comme le parrain de Marseille.

Le 21 Octobre 1981 se révélera être une date charnière dans le règne de Gaëtan Zampa. En effet, c'est à cette date que fut assassiné le juge Pierre Michel (voir article consacré à l'événement), abattu par deux tueurs à moto alors qu'il regagne son domicile. Zampa fut à l'époque (certainement à tort), considéré comme le suspect numéro un. On l'accuse d'être le commanditaire de cet assassinat.

Revenons en arrière. Le 8 juillet 1981, un laboratoire de fabrication d'héroïne clandestin est démantelé à Saint-Maximin dans le Var. Une bande complète est alors arrêtée sur place. En font notamment partie André Malvanti (un chimiste), Homère Philippi (qui se révélera finalement être l'un des commanditaires de l'assassinat du juge Michel) et Marc Chambault (homme à tout faire du Milieu marseillais). Au domicile de Chambault, le nom et l'adresse de gaëtan Zampa sont découverts. Laissant entendre que Zampa est mêlé à cette affaire, sans toutefois l'avouer par peur de représailles, Chambault doit rencontrer le juge Michel le 23 Octobre, auquel il doit « balancer » Zampa, en échange d'une protection pour lui et sa famille. Il n'en aura pas le temps. Le 21 Octobre, pierre Michel est abattu.

Zampa n'est pas sorti d'affaire pour autant. Devenu ennemi public n°1, les autorités décident d'arrêter sa femme, Christiane, le 21 Octobre 1983. Les gérants de ses boîtes de nuits connaîtront le même sort. Motif de ces arrestations : Des zones troubles dans la gestion des « établissements Zampa ». Tany est quant à lui toujours introuvable (il change continuellement d'endroits et arrive à passer inaperçu par le biais de fausses identités), jusqu'au 27 Novembre 1983, date à laquelle il est arrêté, dans une villa modeste du quartier du Ranquet, près de Istres. Il est inculpé pour « faux et abus de biens sociaux ». Ceci semble n'être qu'un prétexte pour lui mettre la main dessus, et par la même occasion lui faire avouer le meurtre du juge.

Zampa est alors incarcéré aux Baumettes. Le début d'une véritable descente aux enfer. En prison, Gaëtan entame une grave dépression. Il ne supporte pas l'idée de savoir sa femme incarcérée et assiste impuissant au démantèlement son empire (tous ces comptes en banque ont été saisis par le fisc). De plus, son image va changer. Alors que déjà avant son arrestation il commençait à avoir du mal à tenir Marseille, il n'arrivera même plus à forcer le respect en prison, où ses co-détenus le surnomment « la marraine ». Commencent alors à apparaître des troubles mentaux, des hallucinations (il entend des voix). Il fait peur à son avocat qui vient le rendre visite. En juin 84, au moment de son procès, il tente deux fois de s'ouvrir les veines. Il ira même jusqu'à se jeter contre un poteau lors d'une suspension d'audience.

Le 23 juillet 1984, Zampa met fin a ses jours dans sa cellule. Il décédera 16 Août 1984. Le 6 Août 1990, « Le Point » relatait l'événement :
« Les autorités de la prison croient à une simulation et l'installent dans une cellule en compagnie d'un de ses anciens employés, Robert Schandler, ex-videur du Krypton, la boîte de Tany. Las ! Dans l'après midi du 23 juillet 1984, « Bob », qui fait une sieste, est réveillé en sursaut par les râles de son patron. Tany s'est pendu à la fenêtre de la cellule avec la corde à sauter de son co-détenu. Ultime simulation ou véritable déprime, l'affaire tourne au drame. Malgré une trachéotomie de fortune, pratiquée sur place avec un canif, rien n'y fait. Le cerveau est irrémédiablement atteint. Après 23 jours de coma, Zampa rejoint le terrain de chasse de ses ancêtres. »

Ainsi fut la vie de ce parrain à la trajectoire si caractéristique, qui aura chèrement payé la mort du juge Pierre Michel, assassinat dans lequel il ne fut pourtant pas impliqué.



Remarque:

Dans la biographie écrite par son fils Mathieu (Tchao Parrain), ce dernier n'épargne pas son père dans la description de ses moyens d'existence : "Casses importants et juteux", proxénétisme à une grande échelle (voire très grande), racket, assassinats commandités ou réalisés par ses soins, prises d'intérêts illégales (notamment dans les night-clubs), protection (payante) de certaines personnalités du show-biz (Alain Delon entre autres), gestion de "machines à sous", combines dans les cercles de jeux etc. Mais il prétend que son père a toujours refusé "par principe" de tremper de près ou de loin dans des affaires de drogue. D'ailleurs, il n'a jamais été impliqué de manière directe ou indirecte dans un trafic de stupéfiants. Il est vrai que certains "barons" de la drogue sont toujours passés à travers les mailles du filet (pas beaucoup quand même...) mais même ceux-là ont fait l'objet de surveillance de la part des stups qui étaient au courant mais n'ont plus les coincer...

Alors où est la vérité?

# Online seit Samstag, 19. März, 2005 um 07:24

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 03:42

L'épopée de la French Connection.

L'épopée de la French Connection.
Les premiers laboratoires clandestins de fabrication d'héroïne ont été découverts près de Marseille, en 1937. Ces laboratoires appartenaient au légendaire Parrain corse Paul Carbone. Pendant des années, le Milieu français a été impliqué dans la fabrication et l'exportation, principalement vers les USA, d'héroïne. C'est à partir de ce réseau organisé que va naître la célèbre French Connection.

La matière première de l'héroïne expédiée vers les Etats-Unis venait de Turquie, ce qui explique que bon nombre de turcs gravitaient dans le Milieu à l'époque de la French. En effet, les fermiers turques étaient habilités à cultiver l'Opium (base de la morphine et donc de l'héroïne) et à le vendre aux laboratoires de fabrication de drogue (légaux) du pays. Les surplus étaient alors mis en vente à destination d'un marché beaucoup moins légal, celui du Milieu français. Un bon moyen pour les fermiers locaux d'arrondir leur fin de mois. La morphine base importée de Turquie était ainsi utilisée pour la fabrication de l'héroïne dans les laboratoires clandestins susmentionnés. Ceux-ci étaient localisés pour la plupart dans la région marseillaise et étaient principalement contrôlé par le Milieu Corse. C'est pour cette raison que certains évoque une « Corsican Connection » et non une « French Connection ». Le choix de Marseille n'était bien entendu pas innocent : la présence du port facilitait grandement l'exportation de la drogue, mais aussi l'importation de la morphine base de Turquie. Ainsi, le port s'est révélé être la véritable plaque tournante de la French Connection. De nombreux bateaux ayant pour origine les pays producteur d'Opium firent alors leur apparition dans le port. Dans le même temps, des quantités de plus en plus importante d'héroïne d'origine marseillaise ont commencé à débarqué aux USA, plus précisément à Manhattan (New York). Marseille était alors devenue la capitale mondiale de la drogue.

La première importante saisie a été réalisée à New York, le 5 février 1947, quand plus de 3 kg d'héroïne ont été saisi à un marin corse débarquant d'un navire qui était juste arrivé de France. C'est de cette date que les autorités ont eut la confirmation que le Milieu français n'était pas seulement impliqué dans le commerce d'Opium, mais qu'il avait parallèlement développé un véritable réseau international de trafic d'héroïne. D'autres saisies ne vont pas tarder à confirmer cela : le 17 mars 1947, 12.5 kg d'héroïne sont découvert sur le paquebot français « le Saint-Tropez ». Le 7 janvier 1949, c'est 23 kg d'opium et d'héroïne qui sont saisis sur le navire français « Batista »

La première affaire vraiment sérieuse liée à la French Connection éclatera en 1960. Le 3 octobre, les agents américains ont saisi pour 3,5 millions de dollars d'héroïne et arrêté 4 trafiquants parmi lesquels l'ambassadeur du Guatemala en Belgique, Mauricio Rosal. Cette affaire donnera une dimension politique à la French. En fait, durant toutes ces années, les enquêteurs ne saisissaient en moyenne qu'une centaine de kg de drogue par an. En réalité, c'est plutôt par semaine, et non par an, qu'une telle quantité de drogue était fabriquée. Pour preuve, à lui tout seul, en usant de son statut diplomatique, Mauricio Rosal, a réussit à apporter pas moins de 200 kg d'héroïne sur le sol américain. En fait, un rapport annuel faisait état en 1960 d'une importation d'héroïne aux USA via la France portant sur une fourchette allant de 1200 à 2500 kg par an.

Ainsi, les trafiquants français ont continué à profiter de la forte demande américaine si bien que, en 1969, ils fournissent 80 à 90% de l'héroïne consommée sur le territoire américain. Cette forte demande n'était pas due au hasard. En effet, la drogue « made in France » était particulièrement appréciée par les junkies américains. Les chimistes français (c'est comme cela que l'on appelait ceux qui transforment la morphine base en héroïne dans les laboratoires clandestins) , dont le célèbre François Scapula faisait partie, étaient reconnu pour fabriquer la meilleure héroïne du monde, allant jusqu'à 85% de pureté. Le meilleur de ces chimistes se prénommait Jo Césari, dit « M Jo ». C'est lui qui fabriquait la came la plus pure (plus de 95% ! !). A l'époque, il fabriquait 15 kg par semaine, chaque kg lui rapportant 3000 francs.

Compte tenu des quantités importées, la came française est très rapidement devenue facilement accessible pour l'ensemble des américains. Les hommes politiques américains ont décidés d'agir. Afin de limiter l'exportation de drogue vers les USA, ils ont choisi comme stratégie d'empêcher les trafiquants français de se ravitailler en morphine base. Les fonctionnaires des états-unis sont donc allés en Turquie afin de négocier l'élimination progressive de la production d'opium. Le Gouvernement turc a alors promis de limiter la production d'Opium à compter de 1968.

Après 5 années de concessions, politique menée avec l'appui de la coopération internationale, le gouvernement turc a finalement accepté en 1971 une élimination totale des cultures d'opium dans le pays. Ceci deviendra effectif le 30 juin 1972. Durant ces négociations prolongées, les forces de l'ordre vont véritablement augmenter leur moyen d'action de manière à venir à bout le plus vite possible de ce fléau : le 4 janvier 1972, des agents de la BNDD et les autorités françaises saisissent près de 50 kg d'héroïne dans un aéroport parisien. Parallèlement, les trafiquants Jean-Baptiste Croce et Joseph Mari sont arrêtés à Marseille.

En février 1972, des trafiquants français ont proposé à un sergent de l'US army 96 000$ si celui-ci acceptait de faire pénétrer sur le sol américain une centaine de kg d'héroïne. Manque de chance, ce dernier informa son supérieur de la manoeuvre, lequel rapportera l'information à la BNDD. Après quelques semaines d'investigation, cinq hommes vont être arrêtés à New York et deux à Paris, qui plus est avec pas moins de 120 kg retrouvés sur eux, ce qui représente sur le marché américain environ 50 millions de dollars. C'est le début de la fin pour la French connection. Sur une période de 14 mois, à compter de février 1972, pas moins de six laboratoires clandestins vont être démantelés dans les environs de Marseille par les autorités françaises, en collaboration avec les agents US de répression contre la drogue. Le 29 Février 1972, les autorités françaises vont interpeller à Marseille un bateau français, le « Caprice des temps », qui s'apprêtait à prendre la mer à destination de Miami avec plus de 400 kg d'héroïne à son bord.

La force de frappe de la French s'en trouve alors véritablement mise à mal, jusqu'à devenir faible en 1972. Entre 1970 et 1972, le nombre d'arrestations liés à la drogue est en effet passé de 57 à 3016.

La French Connection restera toutefois dans les mémoires comme le plus grand trafic international de drogue que le monde ait connu, de part sa durée et les volumes atteints. Il a fallu les efforts réunis des autorités américaines, françaises, italiennes, canadiennes pour en venir à bout.

# Online seit Dienstag, 15. März, 2005 um 07:23

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 06:37

Le Belge

Le Belge
Le Belge est né le 3 Mars 1946 dans le quartier de la Belle-de-Mai à Marseille, d'un père d'origine belge et d'une mère d'origine espagnole. Il a un frère et trois soeurs.

C'est très jeune que Le Belge commence l'apprentissage de son futur métier. Alors déménageur, il fait la rencontre de petites voyous, rencontre qui va le conduire à réaliser son premier larcin, lequel s'avérera être un fiasco : Alors qu'il cambriole un magasin avec ses compères, il est pris en flagrant délit par des flics en patrouille. Il écopera ainsi, en 1962, d'une peine de quatre mois de prison, qu'il purgera aux Baumettes. Une seconde incarcération suivra très rapidement. En effet, en 1964, âgé de 18 ans, Le Belge écope de 15 mois de prison pour proxénétisme, balancé par une de ses « employées ». Le 15 juin 1967, il sera condamné à un an de prison pour coups et blessures. Il a en effet aidé son futur beau frère Antoine Cossu, dit « Tony L'anguille », à s'enfuir alors que celui-ci était sur le point de se faire cueillir dans la bar de la Gaïté. Menottes au poignet, l'Anguille parvient à s'enfuir grâce au Belge qui n'hésite pas à frapper les flics. Il sera alors arrêté sur le champs. A cette époque, Le Belge a déjà intégré le clan des Guérini (Antoine et Barthélemy, dit « mémé »), qui régnait alors sur la pègre marseillaise. En collaboration avec son futur ennemi Gaétan Zampa dit « Tany », il réalise divers « travaux » pour le compte des deux caïds. L'empire Guérini sera toutefois bien ébranlé lorsque, le 28 juin 1967, Antoine est assassiné alors qu'il fait le plein de sa Mercedes dans une station service. Zampa va alors vouloir profiter de l'événement et prendre ainsi la place de "Parrain" laissée vacante.

En 1968, alors âgé de 22 ans, le Belge est fiché au Grand Banditisme, avec la mention « Individu dangereux qui vit des produits du vol et du proxénétisme ». Sa bande est alors constituée de dix personnes (Le Belge, Robert di Russo, Charles Filippi, Victor Funenia, Emile Chessa, Sebastiano Denartis, Emile et Jean Pardo, Daniel et Gérard Alesso). A cette époque, Le Belge n'est alors qu'un second couteau par rapport à Zampa.

Le 7 septembre 1972 marquera un tournant dans la vie du Belge, mais aussi dans la pègre marseillaise. En effet, un proche de Gaétan Zampa tue, sur fond de trafic de stupéfiants, trois amis du Belge . Cet événement sera à l'origine d'une véritable guerre entre le Belge et Zampa, guerre qui durera 6 mois. Une douzaine d'hommes en feront les frais. Les quatre premiers seront des hommes de Zampa, lors de la tuerie du bar du Tanagra (voir article « quelques tueries célèbres pour plus de détails), le 31 mars 1973. Le Belge sera alors suspecté par la police d'être à l'origine de ce massacre. Toutefois, alors qu'il exerce à cette époque ses activités sur Paris, le Belge ne sera pas inquiété, faute de preuves. Le 7 Novembre de cette même année, il écopera de trois ans de prison et d'interdiction de séjour pour proxénétisme, falsification de documents et infraction à la législation sur les armes et les munitions d'armes.

Le 1er septembre 1977, aux heures de gloire de la French Connection, Le Belge écope de 12 ans de prison pour trafic de stupéfiants, dénoncé par l'américain Richard Berdin, dans le cadre de l'affaire du Caprice des temps, un bateau qui transportait 425 kg d'héroïne. Une bonne nouvelle viendra toutefois égailler sa détention : Le 16 Août 1984, après 23 jours de coma, Gaétan Zampa décède à l'hôpital suite à sa tentative de suicide du fond de sa cellule.
Le terrain n'est toutefois pas totalement libre. Si Tany a disparu, ses hommes veillent toujours sur sa mémoire et protège son patrimoine. Bon nombre d'entre eux vont toutefois tomber sous les balles, ce qui va permettre au Belge d'accéder au sommet de la pègre marseillaise peu de temps après sa sortie de prison. Il en profitera, par l'intermédiaire d'hommes de paille, pour prendre la contrôle de la majeur partie des boîtes de la région marseillaise. Il laissera les miettes (l'intégralité de la ville de Marseille tout de même) à son collègue Jacky le Mat (alias jacques Imbert - voir article par ailleurs), les deux hommes s'étant préalablement accordé sur le partage de l'empire laissé vacant par Zampa. Mais Le Belge sera de nouveau impliqué dans une affaire de stupéfiants, balancé par le célèbre François Scapula (Voir article par ailleurs).
Le Belge entamera alors un nouveau séjour pénitencier. Arrêté le 31 Mars 1988, il fera 4 ans de préventive. Le Directeur des Baumettes ne souhaitant plus de ce « locataire » assez particulier, Le Belge purgera sa peine à la Maison d'Arrêt de Nîmes, puis celles de Lyon et de Nice avant de finalement échouer aux Baumettes en 1991. Son rang de caïd lui vaut l'honneur d'y être traité comme un roi.

Pendant ce temps, le milieu, qui a horreur du vide, trépigne. Une redistribution des cartes était alors prévisible. Les deux principaux prétendants au trône de parrain étaient Jacky le Mat et Jean Tocy, le demi-frère de Tany Zampa. Mais c'est le second qui se révéla être le plus dangereux pour Le Belge. En effet, Le Mat avait, selon les rumeurs de l'époque, signé un pacte de non-aggression avec Le Belge. Une prudence qui a fait de Jacques Imbert le dernier survivant parmis les grandes figures de la voyoucratie marseillaise des années 1970.

Pendant son incarcération, Le Belge, en plus de voir sa position au sommet de la pègre marseillaise devenir de plus en plus bancale, apprendra (par la radio) l'assassinat de son frère cadet Joseph, à Vitrolles, peu avant 1 heure, le 1er septembre 1989. Ce dernier rentrait du Cinéma au volant de sa R5 turbo blanche et allait se garer dans le parking de son immeuble. C'est à ce moment que trois tueurs sont sortis de l'ombre et l'ont fumé à coup de 11.43 sous les yeux de sa compagne, à qui on laissera le vie sauve. Son seul tort aura certainement été d'être le frère du Belge.

En 1992, alors en détention préventive depuis 4 ans, le Belge, de plus en plus nerveux, commence à perdre patiente. Après un marathon judiciaire, il sera libéré le 27 Novembre 1992 sous caution (1.5 Million de francs). Il est alors toujours considéré comme le "Parrain" de Marseille. Mais, un an plus tard, presque jour pour jour, il sera de nouveau interpellé dans le XXe arrondissement de Paris, où il a son appartement. Jacques Imbert, l'autre ennemi de Zampa, est également arrêté. Vraissemblablement liés à cette double interpellation, trois proches du Belge : Laurent Boglietti, Noël Mariotti et Jean-Jacques Maillet. Même ci-ceux ne balancent rien de bien compromettant sur le Belge, celui-ci se verra condamné à retrouver sa cellule des Baumettes (pour association de malfaiteurs), où il commence à avoir ses habitudes. En effet, entre 1977 et 1993, le Belge n'est passé que 5 ans à l'air libre. Son retour en prison fut toutefois digne d'un prince, comme le démontre l'article paru dans la Provence, 30 Décembre 1993 : « Aux Baumettes, Bâtiment C, il a donc ses habitudes. Ses affaires aussi. En partant, voilà tout juste un an, il avait confié l'essentiel de son mobilier à un détenu corse : Platine et disc laser, chauffe-plats, brosse à dent électrique... Illico restitués à son propriétaire. Mieux, au 4eme étage des Baumettes, le plus noble et le plus tranquille, chaque détenu s'empresse, depuis son retour dans les murs, de faire allégeance à Francis le légendaire. Des gestes attendus. Des gestes qui comptent : un premier taulard lui fait passer des vêtements, un deuxième se porte volontaire en qualité d'homme de ménage. Et un troisième, son voisin de palier, se décarcasse pour lui mitonner des petits plats. Spaghettis al dente de préférence. « Monsieur », comme l'appelle avec déférence le surveillant chef, refuse l'ordinaire gamelle. Et puis, le belge a les moyens financiers de faire son marché à la cantine de la prison. Et même extra-muros quand il le faut. Lors de sa détention à la maison d'arrêt de Nice, il a réussi à carreler clandestinement sa cellule. »

Il sera libéré le 15 Décembre 1994, faute d'éléments à charge significatifs contre lui. La France sera même condamné à lui verser 80 000 Frcs pour « jugement dans un délais non raisonnable ». A sa sortie, il reprendra ses activités, mais de manière moins soutenue, surtout vers la fin des années 90. Il ne fait plus partie des objectifs concrets pour la brigade criminelle et l'anti-gang. En fait, même s'il est encore mêlé à quelques affaires, il se contente surtout de gérer gentiment son acquis par hommes de paille interposés , acquis comprenant de luxueux investissements immobiliers ainsi que des participations à peines occultes dans des établissements de grande classe des Champs-Elysées. Il s'est ainsi transformé en une sorte de banquier de l'ombre, qui prête, investi, oriente, mais ne touche plus rien de ses mains.

Pourtant, le 22 mars 2000, à 54 ans, Le Belge est interpellé devant son domicile du VII ème arrondissement de Paris par les policiers de la brigade de répression du proxénétisme (les faits qui lui sont reprochés le sont dans le cadre d'une boîte de nuit qu'il détient, le First, et où des filles vendraient leur service. Il est aussi inquiété pour une affaire de blanchiment d'argent via des tickets gagnants de PMU). Pour anecdote, il aurait lancé au policier lors son arrestation « qu'est ce que vous me voulez encore ? je suis à la retraite vous le savez bien ! » Quelques instants plus tard, dans la voiture qui le conduit vers le 36, quai des Orfèvres, Le Belge souffla au jeune policier assis à son côté « Je suis sûr que vous avez de la famille. Pensez-y ». Il sera, suite à cette arrestation, mis en examen et incarcéré à la prison de la Santé, où il fera la rencontre de Guy Georges, tueur de l'Est parisien.

Sorti (il a fait 2 mois de prison), il n'aura plus guère le temps de profiter de son patrimoine. En effet, le 27 septembre 2000, à 15h00, il est abattu de huit balles à l'Artois Club, près des Champs-Elysées, bar ultra-chic dans lequel il avait pris ses habitudes et dans lequel il se sentait en sécurité. Installé au sous-sol, seul à sa table, il voit descendre de l'escalier un homme casqué. Comprenant que son heure est arrivé, il se dresse, les bras en croix. Après avoir arrosé le "Parrain", le motard s'enfuit, sans emporter les 200 000 frcs que le Belge a sur lui.

Plus tard, on apprendra que sa mort auraitpeut-être pour origine une rivalité à propos des machines à sous installées à son bénéfice dans les bars de la région parisienne. En effet, au cour de sa dernière incarcération, une équipe rivale aurait profité de la situation pour empiéter sur son territoire. Menacée de représailles, elle aurait pris les devants en assassinant Le Belge. Le premier suspect de la Police concernant ce meurtre sera Boualem Talata, originaire de Dreux, et accessoirement proche d'un célèbre comique. Cette piste semble toutefois ne pas être fondée. Hornec et autres Zitouni ont également été, probablement à tort, été suspecté.

En fait, si l'on en croit les paroles qu'un policier qui l'a traqué pendant 20 ans a accordé au Parisien du 2 Avril 2000, « Le Belge restera comme une figure du Milieu, dont l'intelligence fut beaucoup plus importante que la moyenne. C'était une brute aux talents de chef d'entreprise. Dans le domaine du trafic de drogue, il savait mettre les gens en contact et organiser les choses de la manière la plus discrète possible. Entre lui et le crime, il y avait toujours une série d'intermédiaires. En ce sens, on peut dire qu'il fut le seul Français à s'être inspiré du fonctionnement de la mafia sicilienne ».

# Online seit Montag, 14. März, 2005 um 17:03

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 06:37

Le nouveau Milieu marseillais

Le nouveau Milieu marseillais
Le grand banditisme marseillais a changé. Le Milieu n'aime pas le vide : place à une nouvelle génération, « moins visible, plus mouvante ». Les structures professionnelles d'antan ont vécu. Aujourd'hui, les jeunes loups s'associent épisodiquement, au gré des coups qu'ils montent. Une bande se structure à partir d'un tronc commun d'une dizaine de personnes, autour desquelles gravitent des électrons libres. Autre changement, géographique celui-là : le Panier n'est plus le vivier des grands truands ; les bandes des cités prennent progressivement le relais.

La relative discrétion du grand banditisme en 2004 - 7 règlements de compte en 2004, contre 13 en 2003 et 15 en 2002 - ne veut pas dire que les bandits ne sont plus là. Après les grandes purges du passé - ce qu'on a appelé la guerre des machines à sous à la fin des années 1990 - un équilibre a dû s'établir.

Côté activités illégales, Marseille, au coeur d'un arc méditerranéen allant de l'Espagne à l'Italie, et d'un axe Nord-Sud des Pays-Bas jusqu'au Maghreb, reste un port très attractif pour les trafics de toutes natures. Les nouvelles drogues de synthèse comme l'ecstasy ou les amphétamines se sont ajoutées au trafic de cocaïne, en pleine expansion. L'arrestation en décembre dernier de William Perrin et André Bousquet, deux vieux briscards de la French Connection, pour trafic de cocaïne (34 kilos saisis) prouve que les réseaux sont toujours là. La nouveauté de ces dernières années, c'est le grand retour de l'héroïne, avec de grosses affaires et des saisies de plusieurs dizaines de kilos à Perpignan, Nîmes et Nice.

L'époque où Marseille était la capitale mondiale de la « blanche » dans les années 1970, semble bel et bien révolue. Les labos de l'arrière-pays ont été délocalisés depuis longtemps, mondialisation oblige. Aujourd'hui, c'est le haschich qui arrive en tête, en terme de volume. Résultat, il y a sur le marché de la région toute une multitude de petits réseaux qui prospèrent. Les prostituées ? Le créneau a été investi par les proxénètes des pays de l'Est. Le Milieu historique s'est rabattu depuis belle lurette sur les machines à sous. Le marché juteux, l'eldorado même, évoqué autrefois, s'est néanmoins tari. Les « gagneuses » automatiques rapportent de moins en moins. Il y a cinq ans encore, on estimait à 25 000 francs par mois la recette des machines les mieux placées. Aujourd'hui on évalue les recettes des mêmes bandits manchots à environ 1 000 euros mensuels. Explications : les bars sont moins nombreux, les joueurs aussi, et ce "commerce" est devenu une activité de deuxième division, géré par les héritiers des truands d"hier.

Prostituées, drogues, machines à sous, cigarettes de contrebande. Et le reste ? Ces trafics "classiques" sont l'oeuvre de 90 % des structures du grand banditisme. Reste 10 % de truands, beaucoup plus professionnalisés, spécialisés dans les détournements de fonds publics, du local à l'international. Un secteur très rentable, et beaucoup moins risqué pénalement. Sur la carte internationale de ce banditisme des hautes sphères, Marseille reste « une écurie, une école d'apprentissage, car le phénomène est historiquement lié à la vie sociale et politique de la région ». Le Milieu marseillais, toujours renouvelé, a encore de beaux jours devant lui.



Sur la photo, l'enterrement de Francis le Belge, événement qui a selon certains marqué un passage de témoin entre "ancien" et "nouveau" Milieu.

# Online seit Montag, 14. März, 2005 um 07:25

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 03:42

Pierrot le Fou et le "gang des tractions-avant"

Pierrot le Fou et le "gang des tractions-avant"
Né en 1917 à Château-du-loir, Pierrot-le-Fou, alias Pierre Loutrel est issu d'une famille paysanne et demeure à ce jour comme le premier " Ennemi Public N°1 français ", définit comme tel. A ses débuts, il est plutôt perçu comme un raté, un truand à la petite semaine, mais c'est durant l'occupation qu'il acquière ses lettres de noblesse. Dans la collaboration tout d'abord, profitant de cette période de trouble pour se forger une solide réputation de meurtrier au sang froid.

" Gestapiste ", il en profitera pour régler ses comptes personnels avec la pègre en place et aussi pour construire son propre réseau (Raymond Naudy, Abel Danos dit " Le Mamouth ", Pierre Giblaise, Fernand " le poulet " et Jo Attia).

Lorsque le vent tourne au profit des alliés, Pierrot-le-Fou qui devenait de toute évidence (à cause de ses dérapages répétées) un peu trop encombrant pour la gestapo, rejoint la résistance. Même méthode, même exactions, Pierrot-le-Fou se fait toujours remarquer par sa violence impulsive et son sang froid (abattant notamment un officier allemand à la terrasse d'un café de Toulouse). Racket, proxénétisme, il se battit rapidement une réputation de caïd sans scrupule. Dans cette France de l'après-guerre en pleine reconstruction, Pierrot-le-Fou " s'adapte " en fondant ce qui deviendra le fameux " Gang des tractions ". Il rassemble ses troupes et se munit de tractions avant (11 CV Citroën).

À l'instar de la bande à Bonnot, le gang des tractions se caractérisera par ses règles d'or : préparation minutieuse, rapidité d'exécution, fuite et retraite dans un lieu sûr. Enchaînant ainsi règlements de compte et braquages de plus en plus importants : 1946 sera une année faste, ce qui surprend la police c'est davantage la cadence effrénée avec laquelle le gang enchaîne les braquages aux quatre coins de la France.

A peine ont-ils commis un braquage, qu'ils sont déjà en train de préparer le suivant. C'est à cette époque que commencera un véritable chassé-croisé, une traque incessante entre les forces de l'ordre (dirigées par Roger Borniche) et le gang de tractions. Banques, bijouteries, postes, tout y passe jusqu'à cette fameuse bataille de Champigny où quelques uns de ses coéquipiers se firent prendre.

Pierrot-le-Fou et le noyau dur de la bande s'en tireront cependant avec panache. Mais la bande désormais demeurera éclatée et cet épisode restera sans aucun doute le point culminant de la popularité de Pierrot-le-Fou. La suite et la fin seront presque " décevantes ".Progressivement le milieu semble éviter Pierrot-le-Fou, considéré comme trop dangereux. Le gang des tractions dissout, isolé, Pierrot-le-Fou se retrouve peu à peu seul ne commet que des larcins minables.

Jusqu'à ce braquage raté d'une petite bijouterie, où paniqué par la réaction des joailliers, Pierrot se tire malencontreusement une balle dans la vessie. Il succombera peu de temps après de ses blessures. Le comble de cette épopée, c'est que bien que déjà mort, il demeurera pendant encore 3 ans " l'Ennemi Public n°1 français". Et ce n'est qu'en 1949 en effet, que l'on retrouvera son corps, enterré par les soins de ses coéquipiers. Ce qui en dit long sur les besoins collectifs et inconscients des français de fantasmer dans ces années douloureuses d'après-guerre. Ainsi il restera ponctuellement à La Une des grands quotidiens.

# Online seit Sonntag, 13. März, 2005 um 19:07

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 06:37