Au même titre que des Carbone, Spirito, Guérini et autres Zemour, Gaëtan Zampa, dit « tany », fut une des grandes figures de la pègre française. L'homme aux origines napolitaines (via son père) est né en 1933, à Marseille, dans le quartier du Panier. Une naissance à l'intérieur même du Milieu. Son père, après avoir tenu un bar fréquenté par bon nombre de proxénètes et autres voyous marseillais, ira jusqu'à Dakar où il sera tenancier d'une Discothèque. Sans être considéré comme un gros poisson de la pègre marseillaise, il avait acquis une certaine notoriété dans la cité phocéenne. A partir de là, le chemin de son fils semblait tracé.
Comme son rival Francis Vanverberghe, dit « le Belge », Zampa n'attendra pas longtemps avant de commettre ses premiers méfaits . A 18 ans, déjà proxénète, il fait travailler plusieurs filles quartier Saint-Lazare. A cette époque, c'est le clan Guérini, famille très liée au pouvoir municipal, qui règne sur le Milieu marseillais. Zampa n'est alors qu'un second couteau.
Sa montée en puissance va débuter en 1955, année à laquelle il monte à Paris. Gaëtan commence à côtoyer les marseillais et italiens du quartier de Pigalle, parmi lesquels se trouvent quelques voyous aguerris, notamment des membres de la « bande des trois canards », du nom d'un bar de Pigalle, dans lequel les mauvais payeurs sont torturés (voir article sur Jacky le Mat). Ce périple parisien, et notamment ce passage dans la bande des trois canards, lui permettra de constituer autours de lui une véritable équipe comprenant notamment Jean Toci, Gabriel Regazzi ou encore Jacques Imbert, dit « le Mat », qui deviendra son lieutenant dès 1958. Un an plus tard, Gaëtan Zampa, qui a déjà acquis ses lettres de noblesses en matière de proxénétisme et de racket, sera fiché au Grand Banditisme.
Il ne mettra pas longtemps pour prouver aux yeux de tout le monde que cette fiche est méritée. 1960, Réveillon de la Saint-Silvestre. D'une main de maître, Zampa, de retour dans la région, cambriole la CAF de Marseille. Butin : plus de deux millions de francs. Puis vint l'époque de la fameuse French Connection. Si les familles protagonistes de ce réseau s'appelaient Venturi, Francisci, Orsini et Guerini, Zampa voudra lui aussi sa part du gâteau. C'est ainsi qu'il sera suspecté (voir la remarque en bas de l'article) d'être mêlé à des affaires liées aux différents laboratoires clandestins qui peuplaient alors les environs de Marseille. Gaétan a alors l'image d'un flambeur. Il roule en Jaguar et s'affiche en charmante compagnie. Parallèlement, après le fiasco de l'affaire du grand cercle, dans laquelle Antoine Guérini va perdre une partie de sa fortune, le clan Guérini commence à perdre de sa superbe. Une aubaine pour Tany qui lorgne depuis plusieurs années sur l'empire des parrains marseillais. Déjà propriétaire de bars et hôtels, Gaëtan va alors rapidement accroître son parc d'établissements. De nombreuses discothèques telles que l'Annabel's Club ou encore le Krypton (sa boîte amirale) tombent ainsi entre ses mains.
En 1966, alors en pleine ascension, Zampa est condamné pour hold-up. Il passera alors quatre ans à la prison des baumettes. Cette peine ne stoppera en rien sa prise de pouvoir. En effet, le 23 juin 1967, alors qu'il fait le plein de sa Mercedes en compagnie de son fils Félix, Antoine Guérini est abattu « à la marseillaise », par deux hommes en moto (Jacky le Mat fut suspecté d'être l'un d'eux). Deux ans plus tard, son frère, mémé, est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre. La place est alors libre. A sa sortie de prison, en 1970, Zampa prend la succession des Guérini et se retrouve à la tête d'un véritable empire.
Malheureusement pour Zampa, le début des années 70 va voir l'avènement d'un nouveau caïd en la personne de Francis Vanverberghe, dit « Le Belge », qui lorgne lui aussi sur les dépouilles de l'empire Guérini. Celui-ci n'est pas inconnu de Zampa. En effet, à la fin des années 60, ils auraient travaillé en collaboration dans le trafic d'héroïne. L'association aurait tourné au vinaigre lorsque Zampa aurait escroqué Vanverberghe au sujet d'une cargaison d'héroïne. Ce jour là, Francis le Belge et Tany Zampa, secondé par Jacky le Mat, se sont fâché à mort. Le 7 septembre 1972, Zampa fait tuer trois amis du Belge, ce qui s'avérera être le point de départ d'une guerre sans merci. Dans les mois qui suivent, Le Belge perdra trois hommes supplémentaires. Zampa ne sera pas en reste avec 5 hommes au tapis, dont 3 lors de la célèbre tuerie du Tanagra (voir l'article « quelques tueries mythiques »). La police mettra fin aux hostilités en arrêtant Francis "le Belge". En 1975, Zampa sera lui aussi condamné à 8 mois de prison pour port d'armes.
Avec Jacky le Mat, l'histoire se complique également. Deux versions divergent pour expliquer le brouille entre les deux hommes : Jacques Imbert aurait tenté, d'après une note d'enquête, de s'immiscer dans la protection des casinos de la côte d'Azur, dirigés par Dominique Fratoni, en particulier le casino Ruhl à Nice, protection assurée par Zampa et Jean-Pierre Roche, dit « Bimbo ». Autre hypothèse : Imbert aurait racketté le même client que Zampa, l'escroc franco-israélien Flatto Sharon. Toujours est-il que, le 1er février 1977, Le Mat est laissé pour mort devant son domicile, à Cassis. Zampa, J.P Roche et Gabriel Regazzi sont probablement les auteurs de ce meurtre qui ne fut au final qu'une tentative. En effet, malgré les 22 projectiles reçus (11.43+chevrotinne), Le Mat survivra à cet assaut. Cette affaire montre bien l'état d'esprit de Zampa, un homme qui sait être diplomate, mais qui sait aussi faire preuve d'une grande fermeté (il fut un des précurseurs des méthodes ultra-expéditives dans le Milieu). Marié et père de famille, il a toujours dit qu'il serait impitoyable si l'on touchait à l'un des siens.
Suite à cet événement, Le Mat va se rapprocher de l'ennemi juré de Zampa, Francis le Belge, tout en gardant une grande indépendance vis à vis de lui (quelques collaborations ponctuelles). Pour Zampa, les années 1977 et 1978 vont constituer les prémices de son long déclin : Le 3 Mars 1977, Gabriel Regazzi est abattu au volant de sa voiture à Nice. Le 31 Octobre 1977, Jean-Claude Regazzi est abattu par deux tueurs embusqués dans une camionnette. Le 12 Avril 1978, Jean-René Regazzi est abattu devant le restaurant duquel il sortait. Ainsi, trois hommes de Zampa se trouve au tapis. Le Mat ne reconnaîtra jamais être à l'origine de la mort de ces hommes, mais de forts soupçons planent sur lui. Bien que son clan commence sérieusement à s'amincir (ses principaux porte-flingue ont mordu la poussière), Tany ne reste pas sans réplique : En peu de temps, il va y avoir cinq assassinats plus une tentative de meurtre parmi les hommes du Mat. Faisant suite à la guerre menée contre Le Belge, la bataille contre Jacques Imbert à énormément affaiblit le clan Zampa, même s'il est toujours à l'époque considéré comme le parrain de Marseille.
Le 21 Octobre 1981 se révélera être une date charnière dans le règne de Gaëtan Zampa. En effet, c'est à cette date que fut assassiné le juge Pierre Michel (voir article consacré à l'événement), abattu par deux tueurs à moto alors qu'il regagne son domicile. Zampa fut à l'époque (certainement à tort), considéré comme le suspect numéro un. On l'accuse d'être le commanditaire de cet assassinat.
Revenons en arrière. Le 8 juillet 1981, un laboratoire de fabrication d'héroïne clandestin est démantelé à Saint-Maximin dans le Var. Une bande complète est alors arrêtée sur place. En font notamment partie André Malvanti (un chimiste), Homère Philippi (qui se révélera finalement être l'un des commanditaires de l'assassinat du juge Michel) et Marc Chambault (homme à tout faire du Milieu marseillais). Au domicile de Chambault, le nom et l'adresse de gaëtan Zampa sont découverts. Laissant entendre que Zampa est mêlé à cette affaire, sans toutefois l'avouer par peur de représailles, Chambault doit rencontrer le juge Michel le 23 Octobre, auquel il doit « balancer » Zampa, en échange d'une protection pour lui et sa famille. Il n'en aura pas le temps. Le 21 Octobre, pierre Michel est abattu.
Zampa n'est pas sorti d'affaire pour autant. Devenu ennemi public n°1, les autorités décident d'arrêter sa femme, Christiane, le 21 Octobre 1983. Les gérants de ses boîtes de nuits connaîtront le même sort. Motif de ces arrestations : Des zones troubles dans la gestion des « établissements Zampa ». Tany est quant à lui toujours introuvable (il change continuellement d'endroits et arrive à passer inaperçu par le biais de fausses identités), jusqu'au 27 Novembre 1983, date à laquelle il est arrêté, dans une villa modeste du quartier du Ranquet, près de Istres. Il est inculpé pour « faux et abus de biens sociaux ». Ceci semble n'être qu'un prétexte pour lui mettre la main dessus, et par la même occasion lui faire avouer le meurtre du juge.
Zampa est alors incarcéré aux Baumettes. Le début d'une véritable descente aux enfer. En prison, Gaëtan entame une grave dépression. Il ne supporte pas l'idée de savoir sa femme incarcérée et assiste impuissant au démantèlement son empire (tous ces comptes en banque ont été saisis par le fisc). De plus, son image va changer. Alors que déjà avant son arrestation il commençait à avoir du mal à tenir Marseille, il n'arrivera même plus à forcer le respect en prison, où ses co-détenus le surnomment « la marraine ». Commencent alors à apparaître des troubles mentaux, des hallucinations (il entend des voix). Il fait peur à son avocat qui vient le rendre visite. En juin 84, au moment de son procès, il tente deux fois de s'ouvrir les veines. Il ira même jusqu'à se jeter contre un poteau lors d'une suspension d'audience.
Le 23 juillet 1984, Zampa met fin a ses jours dans sa cellule. Il décédera 16 Août 1984. Le 6 Août 1990, « Le Point » relatait l'événement :
« Les autorités de la prison croient à une simulation et l'installent dans une cellule en compagnie d'un de ses anciens employés, Robert Schandler, ex-videur du Krypton, la boîte de Tany. Las ! Dans l'après midi du 23 juillet 1984, « Bob », qui fait une sieste, est réveillé en sursaut par les râles de son patron. Tany s'est pendu à la fenêtre de la cellule avec la corde à sauter de son co-détenu. Ultime simulation ou véritable déprime, l'affaire tourne au drame. Malgré une trachéotomie de fortune, pratiquée sur place avec un canif, rien n'y fait. Le cerveau est irrémédiablement atteint. Après 23 jours de coma, Zampa rejoint le terrain de chasse de ses ancêtres. »
Ainsi fut la vie de ce parrain à la trajectoire si caractéristique, qui aura chèrement payé la mort du juge Pierre Michel, assassinat dans lequel il ne fut pourtant pas impliqué.
Remarque:
Dans la biographie écrite par son fils Mathieu (Tchao Parrain), ce dernier n'épargne pas son père dans la description de ses moyens d'existence : "Casses importants et juteux", proxénétisme à une grande échelle (voire très grande), racket, assassinats commandités ou réalisés par ses soins, prises d'intérêts illégales (notamment dans les night-clubs), protection (payante) de certaines personnalités du show-biz (Alain Delon entre autres), gestion de "machines à sous", combines dans les cercles de jeux etc. Mais il prétend que son père a toujours refusé "par principe" de tremper de près ou de loin dans des affaires de drogue. D'ailleurs, il n'a jamais été impliqué de manière directe ou indirecte dans un trafic de stupéfiants. Il est vrai que certains "barons" de la drogue sont toujours passés à travers les mailles du filet (pas beaucoup quand même...) mais même ceux-là ont fait l'objet de surveillance de la part des stups qui étaient au courant mais n'ont plus les coincer...
Alors où est la vérité?
Comme son rival Francis Vanverberghe, dit « le Belge », Zampa n'attendra pas longtemps avant de commettre ses premiers méfaits . A 18 ans, déjà proxénète, il fait travailler plusieurs filles quartier Saint-Lazare. A cette époque, c'est le clan Guérini, famille très liée au pouvoir municipal, qui règne sur le Milieu marseillais. Zampa n'est alors qu'un second couteau.
Sa montée en puissance va débuter en 1955, année à laquelle il monte à Paris. Gaëtan commence à côtoyer les marseillais et italiens du quartier de Pigalle, parmi lesquels se trouvent quelques voyous aguerris, notamment des membres de la « bande des trois canards », du nom d'un bar de Pigalle, dans lequel les mauvais payeurs sont torturés (voir article sur Jacky le Mat). Ce périple parisien, et notamment ce passage dans la bande des trois canards, lui permettra de constituer autours de lui une véritable équipe comprenant notamment Jean Toci, Gabriel Regazzi ou encore Jacques Imbert, dit « le Mat », qui deviendra son lieutenant dès 1958. Un an plus tard, Gaëtan Zampa, qui a déjà acquis ses lettres de noblesses en matière de proxénétisme et de racket, sera fiché au Grand Banditisme.
Il ne mettra pas longtemps pour prouver aux yeux de tout le monde que cette fiche est méritée. 1960, Réveillon de la Saint-Silvestre. D'une main de maître, Zampa, de retour dans la région, cambriole la CAF de Marseille. Butin : plus de deux millions de francs. Puis vint l'époque de la fameuse French Connection. Si les familles protagonistes de ce réseau s'appelaient Venturi, Francisci, Orsini et Guerini, Zampa voudra lui aussi sa part du gâteau. C'est ainsi qu'il sera suspecté (voir la remarque en bas de l'article) d'être mêlé à des affaires liées aux différents laboratoires clandestins qui peuplaient alors les environs de Marseille. Gaétan a alors l'image d'un flambeur. Il roule en Jaguar et s'affiche en charmante compagnie. Parallèlement, après le fiasco de l'affaire du grand cercle, dans laquelle Antoine Guérini va perdre une partie de sa fortune, le clan Guérini commence à perdre de sa superbe. Une aubaine pour Tany qui lorgne depuis plusieurs années sur l'empire des parrains marseillais. Déjà propriétaire de bars et hôtels, Gaëtan va alors rapidement accroître son parc d'établissements. De nombreuses discothèques telles que l'Annabel's Club ou encore le Krypton (sa boîte amirale) tombent ainsi entre ses mains.
En 1966, alors en pleine ascension, Zampa est condamné pour hold-up. Il passera alors quatre ans à la prison des baumettes. Cette peine ne stoppera en rien sa prise de pouvoir. En effet, le 23 juin 1967, alors qu'il fait le plein de sa Mercedes en compagnie de son fils Félix, Antoine Guérini est abattu « à la marseillaise », par deux hommes en moto (Jacky le Mat fut suspecté d'être l'un d'eux). Deux ans plus tard, son frère, mémé, est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre. La place est alors libre. A sa sortie de prison, en 1970, Zampa prend la succession des Guérini et se retrouve à la tête d'un véritable empire.
Malheureusement pour Zampa, le début des années 70 va voir l'avènement d'un nouveau caïd en la personne de Francis Vanverberghe, dit « Le Belge », qui lorgne lui aussi sur les dépouilles de l'empire Guérini. Celui-ci n'est pas inconnu de Zampa. En effet, à la fin des années 60, ils auraient travaillé en collaboration dans le trafic d'héroïne. L'association aurait tourné au vinaigre lorsque Zampa aurait escroqué Vanverberghe au sujet d'une cargaison d'héroïne. Ce jour là, Francis le Belge et Tany Zampa, secondé par Jacky le Mat, se sont fâché à mort. Le 7 septembre 1972, Zampa fait tuer trois amis du Belge, ce qui s'avérera être le point de départ d'une guerre sans merci. Dans les mois qui suivent, Le Belge perdra trois hommes supplémentaires. Zampa ne sera pas en reste avec 5 hommes au tapis, dont 3 lors de la célèbre tuerie du Tanagra (voir l'article « quelques tueries mythiques »). La police mettra fin aux hostilités en arrêtant Francis "le Belge". En 1975, Zampa sera lui aussi condamné à 8 mois de prison pour port d'armes.
Avec Jacky le Mat, l'histoire se complique également. Deux versions divergent pour expliquer le brouille entre les deux hommes : Jacques Imbert aurait tenté, d'après une note d'enquête, de s'immiscer dans la protection des casinos de la côte d'Azur, dirigés par Dominique Fratoni, en particulier le casino Ruhl à Nice, protection assurée par Zampa et Jean-Pierre Roche, dit « Bimbo ». Autre hypothèse : Imbert aurait racketté le même client que Zampa, l'escroc franco-israélien Flatto Sharon. Toujours est-il que, le 1er février 1977, Le Mat est laissé pour mort devant son domicile, à Cassis. Zampa, J.P Roche et Gabriel Regazzi sont probablement les auteurs de ce meurtre qui ne fut au final qu'une tentative. En effet, malgré les 22 projectiles reçus (11.43+chevrotinne), Le Mat survivra à cet assaut. Cette affaire montre bien l'état d'esprit de Zampa, un homme qui sait être diplomate, mais qui sait aussi faire preuve d'une grande fermeté (il fut un des précurseurs des méthodes ultra-expéditives dans le Milieu). Marié et père de famille, il a toujours dit qu'il serait impitoyable si l'on touchait à l'un des siens.
Suite à cet événement, Le Mat va se rapprocher de l'ennemi juré de Zampa, Francis le Belge, tout en gardant une grande indépendance vis à vis de lui (quelques collaborations ponctuelles). Pour Zampa, les années 1977 et 1978 vont constituer les prémices de son long déclin : Le 3 Mars 1977, Gabriel Regazzi est abattu au volant de sa voiture à Nice. Le 31 Octobre 1977, Jean-Claude Regazzi est abattu par deux tueurs embusqués dans une camionnette. Le 12 Avril 1978, Jean-René Regazzi est abattu devant le restaurant duquel il sortait. Ainsi, trois hommes de Zampa se trouve au tapis. Le Mat ne reconnaîtra jamais être à l'origine de la mort de ces hommes, mais de forts soupçons planent sur lui. Bien que son clan commence sérieusement à s'amincir (ses principaux porte-flingue ont mordu la poussière), Tany ne reste pas sans réplique : En peu de temps, il va y avoir cinq assassinats plus une tentative de meurtre parmi les hommes du Mat. Faisant suite à la guerre menée contre Le Belge, la bataille contre Jacques Imbert à énormément affaiblit le clan Zampa, même s'il est toujours à l'époque considéré comme le parrain de Marseille.
Le 21 Octobre 1981 se révélera être une date charnière dans le règne de Gaëtan Zampa. En effet, c'est à cette date que fut assassiné le juge Pierre Michel (voir article consacré à l'événement), abattu par deux tueurs à moto alors qu'il regagne son domicile. Zampa fut à l'époque (certainement à tort), considéré comme le suspect numéro un. On l'accuse d'être le commanditaire de cet assassinat.
Revenons en arrière. Le 8 juillet 1981, un laboratoire de fabrication d'héroïne clandestin est démantelé à Saint-Maximin dans le Var. Une bande complète est alors arrêtée sur place. En font notamment partie André Malvanti (un chimiste), Homère Philippi (qui se révélera finalement être l'un des commanditaires de l'assassinat du juge Michel) et Marc Chambault (homme à tout faire du Milieu marseillais). Au domicile de Chambault, le nom et l'adresse de gaëtan Zampa sont découverts. Laissant entendre que Zampa est mêlé à cette affaire, sans toutefois l'avouer par peur de représailles, Chambault doit rencontrer le juge Michel le 23 Octobre, auquel il doit « balancer » Zampa, en échange d'une protection pour lui et sa famille. Il n'en aura pas le temps. Le 21 Octobre, pierre Michel est abattu.
Zampa n'est pas sorti d'affaire pour autant. Devenu ennemi public n°1, les autorités décident d'arrêter sa femme, Christiane, le 21 Octobre 1983. Les gérants de ses boîtes de nuits connaîtront le même sort. Motif de ces arrestations : Des zones troubles dans la gestion des « établissements Zampa ». Tany est quant à lui toujours introuvable (il change continuellement d'endroits et arrive à passer inaperçu par le biais de fausses identités), jusqu'au 27 Novembre 1983, date à laquelle il est arrêté, dans une villa modeste du quartier du Ranquet, près de Istres. Il est inculpé pour « faux et abus de biens sociaux ». Ceci semble n'être qu'un prétexte pour lui mettre la main dessus, et par la même occasion lui faire avouer le meurtre du juge.
Zampa est alors incarcéré aux Baumettes. Le début d'une véritable descente aux enfer. En prison, Gaëtan entame une grave dépression. Il ne supporte pas l'idée de savoir sa femme incarcérée et assiste impuissant au démantèlement son empire (tous ces comptes en banque ont été saisis par le fisc). De plus, son image va changer. Alors que déjà avant son arrestation il commençait à avoir du mal à tenir Marseille, il n'arrivera même plus à forcer le respect en prison, où ses co-détenus le surnomment « la marraine ». Commencent alors à apparaître des troubles mentaux, des hallucinations (il entend des voix). Il fait peur à son avocat qui vient le rendre visite. En juin 84, au moment de son procès, il tente deux fois de s'ouvrir les veines. Il ira même jusqu'à se jeter contre un poteau lors d'une suspension d'audience.
Le 23 juillet 1984, Zampa met fin a ses jours dans sa cellule. Il décédera 16 Août 1984. Le 6 Août 1990, « Le Point » relatait l'événement :
« Les autorités de la prison croient à une simulation et l'installent dans une cellule en compagnie d'un de ses anciens employés, Robert Schandler, ex-videur du Krypton, la boîte de Tany. Las ! Dans l'après midi du 23 juillet 1984, « Bob », qui fait une sieste, est réveillé en sursaut par les râles de son patron. Tany s'est pendu à la fenêtre de la cellule avec la corde à sauter de son co-détenu. Ultime simulation ou véritable déprime, l'affaire tourne au drame. Malgré une trachéotomie de fortune, pratiquée sur place avec un canif, rien n'y fait. Le cerveau est irrémédiablement atteint. Après 23 jours de coma, Zampa rejoint le terrain de chasse de ses ancêtres. »
Ainsi fut la vie de ce parrain à la trajectoire si caractéristique, qui aura chèrement payé la mort du juge Pierre Michel, assassinat dans lequel il ne fut pourtant pas impliqué.
Remarque:
Dans la biographie écrite par son fils Mathieu (Tchao Parrain), ce dernier n'épargne pas son père dans la description de ses moyens d'existence : "Casses importants et juteux", proxénétisme à une grande échelle (voire très grande), racket, assassinats commandités ou réalisés par ses soins, prises d'intérêts illégales (notamment dans les night-clubs), protection (payante) de certaines personnalités du show-biz (Alain Delon entre autres), gestion de "machines à sous", combines dans les cercles de jeux etc. Mais il prétend que son père a toujours refusé "par principe" de tremper de près ou de loin dans des affaires de drogue. D'ailleurs, il n'a jamais été impliqué de manière directe ou indirecte dans un trafic de stupéfiants. Il est vrai que certains "barons" de la drogue sont toujours passés à travers les mailles du filet (pas beaucoup quand même...) mais même ceux-là ont fait l'objet de surveillance de la part des stups qui étaient au courant mais n'ont plus les coincer...
Alors où est la vérité?



