Les pseudos utilisés par l'auteur d'un livre très bien documenté sur le Milieu: livre n°1 MERCI DE CORRIGER MES ERREURS

Les pseudos utilisés par l'auteur d'un livre très bien documenté sur le Milieu: livre n°1  MERCI DE CORRIGER MES ERREURS
LIVRE 1


Selon l'auteur, "toute ressemblance ou similitude avec des personnages existants ou ayant existé ne peut être que fortuite". Par conséquent, les prénoms que j'associe aux éléments nominatifs utilisés par l'auteur ne sont le fruit QUE de ma propre interprétation. Ainsi, tout ce que j'avance ici est susceptible d'être faux...


Personnages apparaissant dans l'index :


Adolphe: ????
Adrien: ????
Agosti : Antoine D'A
Albert le niçois : Urbain G
Alex : Alexandre S
Aline: ????
Alouette : Roger D
Ambrosio: ????
Antoine G : Antoine G
Aude: ????
Becker : Jacques B
Belen: ????
Bethan: ????
Bianchi : Angelin B
Bibi : Noëlle B
Boby, dit le Fou : Antoine C
Bono : Robert dR
Bostoni, Cox : Ansan A B
Boucan : Marcel B
Bové: ????
Calonna, Jean: Jean J C
Calonna, Vincent: Vincent C dI
Canards : la bande des trois canards
Caputu, dit le Bienfaiteur : Jean-T G
Carbone : Paul C
Casta : Jean-Bapt C
Castro: ????
Charlot : Laurent F
Cheker: ????
Chico le Portoricain: ????
Ciaro, dit le tunisien : ????
Cirillo, Louis : Louis C
Claire : Gérante d�un bar qui se nomme « chez Clairette »
Coco : Gaétan A
Colin: ????
Cookie : Claude R
Cotrone : famille Cotroni
Dadoun : Raphael D
Dan: Désiré D
Dédé: ????
Defferre, Gaston : Gaston D
Doudou : Edouard R
Doumé : Alexandre O
Elliot : William P
Emmett le Grec : un des frères Hadj...
Enzo: Vicenzo P
Espo: ????
Eva : Maria V
Fargette : Jean L F
Fernande: ????
Ferri l'avocat: ????
Flatto, Samuel : Samuel S
Gaby : Gabriel R
Galante : Carmine G
Genovese : Vito G
Gualbert: ????
Guy : Peut être un mec qui s'habille en bleu
Harouk : Antoine H
Hocine le Kabyle: ????
Intrator : Max I
Jacques: ????
Jeannot le Sicilien: ????
Jehan, Jean, dit le Grand : Jean J, cf. Fernando Rey dans French Connection
Jojo le Grec : un des frères Hadj...
Joseph le Balafré : Jo R
Josette: ????
Jouxy: ????
Judas : Roger B
La finance : Jacques F
La main d'or : Joseph C
La vipère : S... HE
Labbé : André L
L'acteur = Le pistachier : Alain
Lansky : Mayer L
Le baron : Thierry de B ? ? ? ?
Le basque: ????
Le borgne : Pierre R
Le chauve : René D ou des certains Chami et Pons
Le commissaire : Robert B
Le fier : Serge C
Le fou : Antoine C
Le grand dédé de Saint jean: ????
Le marquis : Jacquot
Le riche : Jean Bapt A
Le rouge : Marius T
Le saint : Ange S
Le santon : Roland C
Le seigneur: Joseph B
Le tio : Jacques I
Lebrun : François S
Lecca : Jérôme ou Charles Lecca, voire Robert Ange
Léon: ????
Leroy, père : Louis R
Leroy, Milou : Michel R
Lomini : Joseph L
Louise: ????
Luciano, Lucky : Lucky L
Lucien : Lucien S
Manéri, Mikaele: ????
Manéri, Salvatore M
Marcel : Marcel F
Marcello: ????
Mari : Joseph M
Marie: ????
Marini : Dominique M
Marius : Marius B
Markus : Jean-C M
Marro : Joseph M
Marthe: ????
Martin : Sebastiano D ou plutôt Albert F
Mathieu le Napo : Mathieu Z
Mémé : Barthélémy G
Mendelson, Julie: ????
Mery : Jean C M
Mike : Eddie Egan, cf. Gene Hackmann dans French Connection ????
Milani, dit Pom : Joseph M
Mimi : Dominique G
Miro : Jean C K
Momo: ????
Mounir : Mounir Al
Noella : Noella R
Nom de dieu : François M
Orsini, Zé : Joseph O
Ortiz: ????
Paolo: ????
Paul : Paul M
Pazani : famille P
Peritti : Antoine P
Perpi, Pablo: ????
Philou : Xav ou plutôt Jean F
Pipo: ????
Raman : Abdel R N
Rambo : Edouard R
Richard : Richard B
Ricord,Auguste : Auguste
Rimano : Roger M
Rini: ????
Robert le cannois: Noël G
Roger la Bricole : Roger la Bricole
Rossi : Louis R
Rudy « W44 »: ????
Samira: ????
Samy le libanais : Samil K
Sandra: ????
Santo Trafficante : Santo T
Siméon: Pierre S
Sio : Jo S
Sombrero: Alain S
Sucette : Charles
Tany : Gaétan
Tayet : Edmond T
Thibault: ????
Ticelli: ????
Toci, Jean : Jean T
Urbain : Urbain G(= Albert le niçois ? ? ?)
Vander Franck : François
Vander, Marthe : Herm...
Vander, Martine : Simone
Vander, Max : Francis
Vander, Victor : José
Venturini, Luca & Nicolas : famille V
Walter: ????
William: ????
Willy de Pigalle: ????
Zaoui : William Z
Zemour : Les Z
Zoby : Joseph B
Zolto, Odette : Anne M L
Zolto, Stan : Pierre L


Annexe :

Le Club des cents : le fichier du Grand Banditisme
Inta-Bank : L'intra Bank
Lolo (p.69) : Antoine M
Les Pirates (p.313) : les émirs
Undercover : les agents infiltrés
Duvallier (p.260) = Papa Doc = François D
La fille de Duvallier : Marie Denise D
Filipi (p.359) : Noël F
Fany (p.328) : ????
Henri P (p.328) : ????
L'avocat (p.329) : Pierre L
Morin (P.337) : Marcel M
Felix (p354) : ????
Henri de Propriano (p.361) : Henri C ????
Domi (p.369) : Dominique R
Rosso (p.390) : ????
Broussard (p.398) : Robert B
Le groom (p.405) : ????
Bernard (p.409) : ????
Le service : le SAC
Raymond : Raymond I
Le mayflower : les parties prenantes (CIA, FBI, familles...)
Juillet (p.316) : Pierre J
La Company : la DEA
Gégène : Eugène M




Si certains souhaitent apporter des compléments & corrections, notamment concernant les pseudos suivis de ? ? ? ?, n'hésiter pas�




Cet article sera mis à jour régulièrement.
# Posté le vendredi 11 novembre 2005 18:58
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:42

Autours du Milieu (3/3): Jacques Mesrine

Autours du Milieu (3/3): Jacques Mesrine
Suite et fin du dossier consacré aux gangsters gravitant autours du Milieu...


Les premiers coups du futur ennemi public n°1

Le 28 décembre 1936, Jacques-René Mesrine naît à Clichy. Ses parents sont des marchands de tissu aisés. Ils souhaitent le voir étudier à H.E.C. Hélas, il n'aime pas l'école. Les frères oratoriens l'expulsent. Plus tard, Jacques se fait renvoyer du lycée laïc de Clichy pour avoir été violent envers le proviseur. Il devient alors représentant en tissus. En 1955, Jacques a 19 ans et se marie avec Lydia de Souza dans sa ville natale. Un an plus tard, il part pour la guerre d'Algérie comme parachutiste-commando où il sera décoré par le Général de Gaulle de la Croix de la valeur militaire. En mars 1959, Jacques reçoit le certificat de bonne conduite de la 626è Compagnie. Cependant, de retour à la vie civile, il divorce et vit de poker, petits "casses" et braquages. Très tôt, ce futur braqueur professionnel, de notoriété internationale, se rend compte qu'un rien change son visage. Il décide d'en jouer pour ne pas être reconnu. Les différentes photos prises au cours de sa vie en témoignent.

Le 4 novembre 1961, Mesrine se remarie à la mairie du XVIIIè arrondissement de Paris. De cette union avec Maria de la Soledad naîtront trois enfants. C'est à cette époque qu�il est arrêté pour le première fois et est condamné à payer une amende pour port d'arme prohibée. Le 17 janvier 1962, il est arrêté à Neubourg avec trois complices. En mars 1962, pour la première fois, il est incarcéré dix-huit mois à Évreux, puis à Orléans, pour les motifs de cambriolage et recel d'armes. Après son séjour en prison, Mesrine essaie de s'amender. Sa famille, pour l'aider, lui offre la gérance d'une auberge dans l'Oise. L'établissement devient vite un repaire de bandits. Jacques a une nouvelle flamme et vit avec Jeanne Schneider dont il prétend avoir tué les deux souteneurs (on n'a cependant jamais trouvé de cadavre).


Bienvenu au Grand Banditisme

Le 2 décembre 1965, Mesrine est arrêté alors qu'il dérobe des documents politiques dans la résidence du gouverneur militaire de Palma de Majorque. En octobre 1966, Mesrine ouvre un restaurant dans la capitale des îles Canaries, Santa Cruz de Tenerife. Jacques n'arrête toutefois pas ses activités et en décembre, il braque une bijouterie à Genève. En mai 1967, Mesrine ouvre une auberge à Compiègne. Le 15 novembre de la même année, il est reconnu lors d'un vol à main armée dans un hôtel de Chamonix ; puis dans une maison de haute couture à Paris, le 8 décembre. 6 février 1968, Jacques Mesrine échappe aux policiers et s'enfuit par l'aéroport d'Orly au Québec avec Jeanne Schneider, A cette époque, il n'est recherché que pour escroqueries.

Mesrine s'établit au Québec et se lance dans la grande criminalité...
Jacques et Jeanne restent alors discrets et travaillent cinq mois pour Georges Deslauriers. Le couple le kidnappe pour les avoir congédier et demande à son frère Marcel une rançon de 200 mille dollars. Le 26 juin 1969, le couple Mesrine-Schneider quitte le motel des Trois Soeurs à Percé où il s'était réfugié et franchit illégalement la frontière des État-unis dans une petite embarcation vers Détroit. Le 30 juin 1969, le corps étranglée d'Évelyne Le Bouthillier est découvert dans sa résidence. 16 juillet 1969, le couple est arrêté à Texarkana, en Arkansas, puis extradé vers le Québec en attendant leur procès. 17 août 1969, ils s'évadent de la prison de Percé mais sont repris le lendemain. Jacques et Jeanne sont respectivement condamnés à 10 et 15 ans de réclusion pour l'enlèvement de Georges Deslauriers. En Janvier 1971, Mesrine et Schneider sont acquittés dans l'affaire Le Bouthillier à cause du manque d'objectivité du Juge, mais ils retournent en prison pour l'enlèvement et la séquestration du millionnaire Georges Deslaurier.


Braquages en pagaille

Le 21 août 1972, Jacques Mesrine est jugé et condamné à dix ans de prison, mais il s'évade l'Unité spéciale du pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul avec cinq autres détenus, dont Jean-Paul Mercier un de ses fidèles complices au Québec. Leur cavale est ponctuée de nombreux méfaits. Le 26 août , Mesrine et Mercier braquent la Caisse Populaire de Saint-Bernard à Dorchester et dix minutes après, celle de Sainte-Narcisse-de-Lotbinière. Le butin s�élève alors à 26 000 $ Canadiens. Deux jours plus tard, ils braquent la Toronto Dominon Bank à Montréal. Cette banque sera un nouvelle fois braquée par les deux hommes trois jours plus tard. Le 3 septembre, ils attaquent violemment le pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul et blessent grièvement deux policiers. Une semaine plus tard, Mesrine et Mercier tuent deux gardes forestiers près de Saint-Louis de Blanford au Québec. En octobre, ils s'attaquent à plusieurs banques de Montréal. Enfin, en décembre, ils braquent la paie d'une usine de Mantes-la-Jolie pour un total 320 000 FF, puis d'une caissière retirant 280 000 FF dans une banque.

Le 5 mars 1973, lors d'une altercation avec la caissière d'un café-bar, Jacques Mesrine brandit son revolver; un agent de police tente d'intervenir mais Mesrine le blesse grièvement. Trois jours plus tard, Mesrine est arrêté à Boulogne-Billancourt, emprisonné à Compiègne et, en mai, il est condamné en France à 20 ans de prison. Le 6 juin, Mesrine doit comparaître suite à des chèques sans provision, mais il s'évade du Palais de justice de Compiègne (grâce à une arme dissimulée par un complice dans les toilettes) en prenant le président du tribunal en otage. Le 21 juin, il attaque à main armée l'imprimerie Lang, rue Curial, dans le 19éme arrondissement de Paris et s'empare de la paie des employés : environ un million et demi de francs lourds. Il s'offre alors des vacances, en juillet et août, à Trouville, station balnéaire très chic de la côte normande.

Mesrine ne reste pas longtemps inactif. Dès le début du mois d'août, on le retrouve à Paris où il s'attaque à une grosse banque: le Crédit Lyonnais, sur l'avenue Bosquet, dans le 7ème arrondissement. Après ce coup retentissant, il se tient tranquille pendant près de deux mois avant de braquer, le 27 septembre, deux banques situées sur le boulevard Barbès, toujours à Paris. Le lendemain, Jacques Mesrine est arrêté par le commissaire Broussard, rue Vergniaud, et Mesrine promet au commissaire qu'il s'évadera encore...


Casses, prison, évasions...

Le 10 mars 1977, Mesrine publie L'Instinct de Mort dans lequel il revendique 39 crimes. Un criminologue, René Reouven, commente: "Il y a chez Mesrine, un petit tueur qui se voudrait grand et si l'on peut comptabiliser les crimes qu'il a commis, on ne saurait en faire autant pour ceux qu'il revendique". Le 18 mai, Jacques Mesrine est condamné à 20 ans de prison. Il est transféré à la prison de La Santé, à Paris, où se trouvent emprisonnés les criminels les plus redoutables.

Cette année peut être considérée comme un temps de nomadisme pour Mesrine. En effet, il s'évade, le 8 mai 1978, avec François Besse et Carman Rives de la prison de la Santé qui est au coeur de Paris (5ème arrondissement). Il passera son temps à semer la police en changeant constamment de domicile. Besse avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, le 17 juin 1975. Carman quant à lui ne survivra pas à cette évasion puisque tombé du câble suspendu pour franchir le mur de la prison, il est abattu d'une balle dans son dos. Nombreux sont ceux qui craignent pour leur vie de savoir Mesrine en liberté.Peu après son évasion, il est identifié par des témoins sur les lieux d'un vol commis dans une armurerie parisienne... La police craint le pire !

De retour sur la côte normande, il attaque (toujours à main armée) le casino de Deauville, lieu déjà très à la mode et fréquenté par les plus riches. Ce vol avait été minutieusement préparé par Mesrine et ses complices. Il s'opéra sans violence, une des marques distinctives de Mesrine qui se vantait de ne jamais tuer "inutilement". La rapidité d'exécution de Mesrine a toujours été remarquable: quand les policiers sont arrivés sur les lieux, Mesrine et ses complices étaient déjà loin.

Deux jours plus tard, une vaste opération est déclenchée pour tenter de retrouver Mesrine et son complice, Besse. Plus de 300 gendarmes, une section du G.I.G.N. assistée des policiers de la brigade anti-gang recherchent en vain Mesrine. Ce dernier, toujours aussi audacieux, se présente le 18 juin dans un poste de police, à Evian, où il tente de se faire passer pour un officier haut gradé dans le but de mettre la main sur des uniformes de la police. Cette opération est un échec, mais Mesrine réussit encore à prendre la fuite. Les policiers croient alors que le but de Jacques Mesrine est de dévaliser le casino d'Evian. Mais c'est la banque de la Société Générale à Raincy, dans la région parisienne qui est visée et dévalisée.

Le 27 juillet, c'est la stupeur générale tant en France qu'au Québec: une entrevue accordée par Mesrine à la journaliste Isabelle de Wangen paraît simultanément dans Paris-Match, à Paris, et dans l'hebdomadaire fondé par Maître Daoust qui était l'avocat de Mesrine, Photo Police, à Montréal. Dans cette entrevue-choc, Mesrine dénonce avec véhémence les quartiers de haute sécurité français et il affirme catégoriquement qu'il n'entend pas se laisser prendre vivant. Toutes les bandes sonores de cette entrevue sont saisies par la police et la journaliste Isabelle de Wangen est accusée en cour criminelle pour ne pas avoir dénoncé celui qu'on qualifie désormais de "l'ennemi public numéro 1" dans toute la France. Pendant se temps Mesrine se moque des policiers et voyage : Sicile, Algérie, Grande-Bretagne (où sa trace est retrouvée à Londres) avant de retourner en France. Le 10 novembre, Jacques Mesrine et Jean-Luc Coupé font une tentative ratée d'enlèvement du juge Petit, président de la cour d'assises de Paris. Ils se présentent à son domicile parisien. Ce dernier est absent. C'est son épouse, sa fille et son gendre qui sont séquestrés. Mesrine disparaît mais Coupé est arrêté en tentant de s'enfuir.


La fin d'une épopée

Le 5 janvier 1979, l'éditeur Jean-Claude Lattès, reçoit une lettre de menaces qui lui réclame 230 000 francs. Mesrine soutient que cette somme lui est due pour les droits d'auteur de son livre L'instinct de mort, oeuvre écrite en prison et publiée en 1977. Jacques Mesrine y écrivait, entre autres, que l'on devenait criminel "soit comme d'autres deviennent curés, soit par vocation"... Le 20 janvier, un hold-up du style de ceux commis par Mesrine est signalé au super-marché de Massy, dans la région parisienne. On ne saura jamais s'il en a été l'auteur ou non. Jacques Mesrine emménage en mai rue Béliard, dans le 18ème arrondissement de Paris, et enlève Henri Lelièvre, un millionaire français. Les ravisseurs reçoivent une rançon d'un million de francs remise par Henri Lelièvre lui-même. Mesrine prend ainsi des vacances au Portugal et dans d'autres pays...

L'opinion publique et les médias s'intéressent de plus en plus à ce bandit, ennemi public n°1. Une unité " Anti-Mesrine " est même créée à Paris. Le 10 septembre, Mesrine tend un guet-apens à Jacques Tillier, journaliste auteurs d' «articles mensongers» selon lui et le blesse par balles. Fin octobre, l'appartement parisien de Mesrine est localisé. Mireille Balestrazzi, une détective de la police parisienne, dirigera la chasse à l'homme...à l'issue de laquelle Jacques Mesrine sera éliminé. Le 2 novembre, Jacques Mesrine est abattu dans sa puissante BMW, à la Porte de Clignancourt: la brigade anti-gang le mitraille de 21 balles. 18 l'atteignent, principalement au torse. Pour s'assurer que Mesrine est bel et bien mort, un des agents alla même lui tirer une balle dans la tête. Sa conjointe, assise côté passager, est ainsi blessée au bras et à la tête.


Source: http://grands.criminels.free.fr/
# Posté le dimanche 18 septembre 2005 14:54
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:42

Autours du Milieu (2/3): Les autres membres de la Bande à Bonnot

Autours du Milieu (2/3): Les autres membres de la Bande à Bonnot
Callemin Raymond (1890-1913), dit Raymond la science. A treize ans, quand ce belge commence à travailler, il a déjà pu se faire une idée de la société bourgeoise et de ses inégalités." Je me suis dit qu'il fallait que je trouve un moyen pour sortir de cette pourriture que sont les patrons, les ouvriers, les bourgeois, les magistrats et les policiers. Tous ces gens me répugnaient. J'ai volé aux étalages." Lorsqu'il est pris, il a dix-sept ans. Condamné à trois mois de prison, il en sort encore un peu plus révolté. Il cherche une place. En vain. Personne ne veut de lui car il n'a pas de certificat. Finalement, on l'embauche comme garçon boulanger à soixante-dix francs par semaine, avec des journées de travail de seize et dix-huit heures, sans repos hebdomadaire. Il aurait bien voulu s'instruire. Mais le temps et l'argent lui manquent. A vingt ans, en 1910, il refuse d'accomplir son service militaire. Comme pour tous les illégalistes, les mots Liberté, Egalité, Fraternité, ne représentent pas grand-chose pour lui. C'est un slogan hypocrite de plus jeté en pâture aux naïfs et aux idiots."On nous dit : vous devez respecter la patrie, mourir pour elle. Mais, pour moi, la patrie c'est toute la terre. La patrie, c'est là où je vis, en Allemagne, en Russie, en France. Elle est partout où je trouve heureux. Si les ouvriers réfléchissaient un peu, il comprendraient qu'entre capitalistes il n'existe pas de frontières. Que ces rapaces s'organisent pour mieux les oppresser", dit-il.
Il prêche aussi la sobriété totale. Plus d'alcool, plus de tabac qui paralysent le cerveau, et détraquent la raison. Sa soif de connaissances est étonnante. Il lit encore et toujours. D'où son surnom de "Raymond-la-science". Sa propreté est méticuleuse. Il vit seul, professant pour les femmes un dédain entier. En réalité il est tendre et sentimental. Il souffre d'une blessure jamais cicatrisée qui date de son séjour à Bruxelles.
Il est exécuté le 21 avril 1913, devant la prison de la Santé avec Soudy et Monier.

Carouy Edouard (1883-1913), dit Leblanc. Condamné aux travaux forcés à perpetuité, il se suicidera en prison.

Dieudonné Eugène (1884-1944) Il est condamné à mort le 28 février 1913 mais, disculpé par ses complices sa peine fut finalement commuée en travaux forcés à perpétuité. Il parviendra à s’évader du bagne à la troisième tentative, le 6 décembre 1926. Gracié il sera de retour à Paris et mourra le 21 août 1944.

Maitrejean Rirette (1887-1968), née Anna Estorges. Compagne de Victor Serge, elle est acquittée alors que son compagnon sera emprisonné pour avoir caché Garnier et Callemin. Elle meurt en juin 1968 sans jamais l'avoir revu.

Metge Marius Paul (1890-1933). Condamné aux travaux forcés à perpetuité le 27 Février 1913, il sera finalement libéré du bagne en 1931. 2 ans plus tard, il mourra d'une fièvre.

Monier Antoine (Etienne) (1889-1913), dit Simentof. Condamné à mort avec Callemin et Soudy, il sera guillotiné le 21 Avril 1913.

Serge Victor (Kibalchine) (1890-1947) est condamné à 8 ans de prison. Il quitte l'Europe en 1940 pour Mexico où il meurt dans la pauvreté.
Soudy André (1892-1913) est guilotiné avec Callemin et Monier le 21 Avril 1913.
# Posté le dimanche 18 septembre 2005 14:47

Autours du Milieu (2/3): L'épopée de la bande à Bonnot

Autours du Milieu (2/3): L'épopée de la bande à Bonnot
Pauvreté, anarchisme et petite délinquance

Jules Bonnot naît le 14 Octobre 1876 à Pont-de-Roide, un village du Doubs, à proximité de Montbéliard. A cinq ans il perd sa mère. Plus tard, son frère aîné se suicide en se jetant dans une rivière à la suite d'un amour déçu. Son père ouvrier fondeur, assure seul son éducation.

Déjà à l'école il se fait remarquer :"il était paresseux, indiscipliné, insolent", dira de lui son instituteur. Jules évolue dans un univers d'analphabétisme. Son père illettré, est affaibli par un travail exténuant et des conditions de vie très difficiles. Le fils n'a guère plus d'espoir que son père d'échapper à cette condition misérable. Très tôt c'est la vie harassante. A quatorze ans, Bonnot commence son apprentissage. Refusant toute contrainte, il est en conflit avec ses patrons successifs. Jules connaît sa première condamnation à 17 ans suite à une bagarre dans un bal. En 1901, il se marie avec une jeune couturière. Un temps employé aux chemins de fer, à Bellegarde, sur la frontière, son engagement anarchiste le fait renvoyer. Son nom est connu de tous les employeurs de la région. Personne ne veut engager un tel agitateur. C'est le chômage, la misère et le désespoir.

Le couple part pour Genève. Bonnot trouve une place de mécanicien. Sa compagne met au monde une fille, Émilie. Malheureusement l'enfant meurt quelques jours plus tard. Révolté, Bonnot se lance de plus belle dans la propagande anarchiste. Les Suisses ne tardent pas à l'expulser. Après quelques pérégrinations, il se fixe à Lyon où ses connaissances exceptionnelles de la mécanique lui procurent un emploi chez un constructeur d'automobiles. C'est là qu'il va parfaire son habileté professionnelle et son art diabolique de la conduite qui, dans quelques années, seront mis au service du crime.
Le 23 Février 1904 naît son deuxième enfant. Cette naissance ne le détourne que peu de temps de la propagande anarchiste. Aux yeux des patrons, il passe pour un meneur dangereux qui, partout, fomente des mécontentements et des grèves. Il quitte alors Lyon pour Saint-Étienne. D'octobre 1905 à Avril 1906, il est mécanicien dans une firme importante de la ville. Un rapport de police le présente comme "très violent et méchant", ajoutant que "les renseignements recueillis sur son compte sont mauvais". Bonnot et sa famille logent chez le secrétaire de son syndicat, Besson, qui ne tarde pas à devenir l'amant de son épouse. Pour éviter la colère de Bonnot, il s'enfuit en Suisse avec sa maîtresse et l'enfant. Bonnot ne les reverra jamais plus. La perte de son emploi est la goutte d'eau qui fait éclater sa révolte.


Les débuts de la « bande à Bonnot »

Bonnot rejoint la cohorte des innombrables chômeurs. L'épopée de la bande à Bonnot peut donc commencer. Entre 1906 et 1907 il s'exerce à l'ouverture des coffres forts. Parallèlement, il ouvre deux ateliers de mécaniques à Lyon. Pour ses aventures nocturnes il a besoin d'un bras droit : Platano. En 1910, Bonnot se rend à Londres et entre en qualité de chauffeur au service de Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes. Fin 1910, de retour à Lyon, il met au point sa nouvelle technique. A ce jour, aucun bandit n'a encore songé à introduire l�automobile dans l'arsenal du crime. Mais la police le recherche et il est obligé de partir précipitamment en compagnie de Platano et de cinq complices. Pour des raisons indéterminées Bonnot descend Platano.

Le 21 Décembre 1911 commence réellement l'épopée de la bande à Bonnot. Ce jour-là quelques illégalistes deviennent les "bandits tragiques". Dans une époque de misère, d'injustice, de luttes sociales sans merci, les premiers criminels en auto vont inscrire en lettres de sang une histoire qui tiendra en haleine une France apeurée devant tant d'audace et désespérée par l'échec de la police.
Ce 21 Décembre 1911 vers 9h du matin, Bonnot, Garnier, Callemin et un quatrième homme décident de s'attaquer au garçon de recette de la Société Générale rue Ordener à Paris. C'est la première fois qu'une voiture est utilisée lors d'un braquage. Le butin est plutôt maigre des titres et seulement 5000 francs en espèce. Le garçon de recette, lui, est gravement blessé. Le lendemain les journaux se déchaînent sur la bande. Après avoir abandonné leur automobile à Dieppe, ils reviennent à Paris, traqués par la police démunie devant la rapidité et la mécanique de leurs automobiles. Bonnot et sa bande ne savent que faire, ils errent, traqués, dans la ville, sans évasion possible, prêts à se faire tuer n'importe où. Par solidarité, pour partager cette amère joie du risque mortel, d'autres se joignent à eux: René Valet et Soudy.

A la veille de Noël Garnier et Callemin trouvent refuge chez Kibaltchiche (Victor Serge) et Rirette Maitrejean deux anarchistes. Quelques jours après leur départ Kibaltchiche et Rirette sont arrêtés. Tous deux refusent de livrer Garnier et Callemin. La bande ne reste pas inactive. En France et en Belgique, ils tentent avec plus ou moins de succès un certain nombre de "coups". Deux armureries sont pillées à Paris. A Gand, ils volent la voiture d'un médecin. Dans la même ville, le 25 Janvier, le vol d'une seconde voiture tourne moins bien. Ils sont surpris par un chauffeur qui est assommé à coups de clé anglaise. Un agent de police les interpelle. Callemin l'abat. C'est autour d'un certain Eugène Dieudonné de se faire arrêter. C'est un anarchiste et Caby le garçon de recette de la Société Générale le reconnaît comme son agresseur. Dieudonné nie sa participation au hold-up de la rue Ordener. Dans la nuit du 2 au 3 Janvier 1912 à Thiais, deux vieillards sont assassinés. Puis le 27 Février à Paris à la suite d'une banale altercation un policier est abattu. Le 29 Février le trio tragique abat un boulanger lors d'une tentative de cambriolage d'un pavillon. Pour les illégalistes, traqués, affamés, sans secours, devant qui toutes les portes se ferment, la lutte terrible engagée contre la société ne peut que se terminer par leur mort.


L'ultime coup

Leurs photos s'étalent dans les journaux. Les têtes sont mises à prix. Bonnot se devait d'organiser un coup de force inouï. Après avoir volé une voiture sur la route de Melun et avoir blessé gravement ses passagers, ils se dirigent vers Chantilly et notamment la banque de la Société Générale. Garnier, Valet Callemin entrent dans la banque revolver au point. Soudy fait le guet à l'entrée. Le bilan est de deux morts pour 50 000 frs. (7600 euros). Deux cents inspecteurs de police se mettent en campagne. La banque offre une prime de cent mille francs (15 000 euros) à quiconque permettra la capture des bandits.

Pendant toute une semaine, la bande à Bonnot tient la une de tous les quotidiens, avec des pages entières de photos où se retrouvent pêle-mêle les morts, les blessés et les témoins. Soudy se fait arrêter à Berck-sur-mer le 30 Mars 1912. Le 7 Avril, c'est au tour de Raymond Callemin. Le 24 Avril un dénommé Monier est arrêté, il a participé aux affaires de Montgeron et de Chantilly.Pendant ce temps Bonnot loge dans un appartement à l'insu de son propriétaire, absent. Fin Avril Jouin le sous-chef de la sécurité repère Bonnot et se fait tuer en tentant de l'arrêter. Mais le fugitif est blessé au bras. Après l'assassinat de Jouin, Bonnot redouble de prudence. Il arrive ainsi à Paris sans histoire. Chaque soir, il cherche d'un nouvel abri. Personne ne doute de sa prochaine arrestation. La décision de le tuer rallie tous les suffrages. Jamais la police, encouragée par le gouvernement, ne pense un seul instant le prendre vivant. Bonnot court toujours. Sa piste semble perdue lorsqu'un pharmacien de Choisy-le-roi déclare qu'il a donné des soins à un homme blessé à la main et dont le signalement correspond à celui du fuyard. Bonnot trouve refuge chez un autre anarchiste : Dubois.


Une bande orpheline

Le Dimanche 28 Avril une quinzaine d'inspecteurs cernent le pavillon de Dubois. Ce dernier qui était dans le garage leur tire dessus avant de se faire abattre. Bonnot se barricade et blesse un inspecteur. La fusillade est suffisamment soutenue pour tenir les policiers en respect et les obliger à se mettre à l'abri. Ils pensent que Bonnot n'est pas seul. Le siège commence. La fusillade a réveillé toute la localité. De Choisy, d'Alfortville, de Thiais et même de plus loin, arrivent des hommes armés de carabines, de fusils de chasse. Cinq cents hommes armés sont là disséminés dans les haies. Le maire de Choisy et le préfet Lépine arrivent bers 9h suivis peu de temps après par deux compagnies de la Garde républicaine.

De toute la banlieue de Paris on continue à affluer vers Choisy. Le spectacle est attendu : 20 000 personnes accourent en train, en fiacre, en auto ou à pieds. L'ordre est donné d'acheminer l'entier régiment d'artillerie stationné à Vincennes. On demande également une mitrailleuse lourde. Un cordon de tirailleurs cerne maintenant la maison.

Midi. Il y a maintenant près de trente mille personnes autour du pavillon. Le siège dure des heures, la fusillade ne connaît aucun répit. Tous les assiégeants pensent jouer un rôle historique. Ils sont persuadés qu'ils ont à venger les crimes de Bonnot. On boit, on parle, on s'interpelle, on rit même, se sachant hors de portée des balles. La décision est prise de dynamiter le repaire. Bonnot se sait perdu. Il rampe jusqu'à la table, prend plusieurs feuilles et rédige une sorte de testament. Le siège se fait plus pressant. Le pavillon est dynamité..
Des débris de pierres et de terre frappent Bonnot. Il se réfugie entre deux matelas. Il saigne abondamment. Une nouvelle fois le pavillon est dynamité. Les policiers décident d'entrer. Après avoir traversé la première pièce, ils trouvent Jules Bonnot luttant contre le dégoût, le chagrin et la fatigue, il s'écrie:"salauds". Atteint de six balles Il a encore la force de tirer trois coups mais il est transporté à l'Hôtel-dieu où il rejoint à la morgue Dubois. Pendant ce temps, la police parade et une vente aux enchères se tient sur l'emplacement du pavillon.


La fin de l'épopée

Il reste deux membres de la bande à Bonnot en liberté : Garnier et Valet. Ils logent dans un pavillon de banlieue à Nogent-sur-Marne. Le 14 Mai la sûreté les à repéré. Pour éviter la mascarade de Choisy tout a été fixé et préparé dans le plus grand secret. Ce sera pire. Le pavillon est cerné et les inspecteurs de la sûreté entre dans le jardin ou ils sont accueillis a coups de pistolets. Le siège le plus fou de toutes les annales de la criminalité va commencer. Pour tuer Garnier et Valet, il faudra neuf heures de fusillades nourries, des centaines de policiers, un bataillon de zouaves sur le pied de guerre. Sans parler de plusieurs mitrailleuses lourdes mises en batteries. Durant la fusillade plusieurs inspecteurs de police sont touchés.

Un nouveau bataillon de zouaves, soit trois cents hommes, arrive au pas de gymnastique. Ils sont salués par les ovations de la foule de plus en plus dense. Deux cents gendarmes, munis de leurs carabine, se placent en embuscade. Le pavillon est dynamité, la toiture s'est envolé mais les deux hommes sont toujours là. La nuit est tombé maintenant. A minuit quarante mille personnes au moins se massent aux abords du pavillon. Deux compagnies de zouaves supplémentaires sont dépêchées. On tente de dynamité le pavillon une nouvelle fois sans succès. Valet et Garnier se déchaînent et un inspecteur est de nouveau tué. La troupe arrête le feu peu de temps après, faute de munitions. Le ministre de l'intérieur arrive sur les lieux. Après avoir éventré le pavillon à la dynamite, les policiers tentent une approche. Tout à coup, c'est la débandade. Garnier et Valet les mitraillent à bout portant.

La fusillade a fait deux blessés. Enfin, sonne le "cessez-le-feu". Ce sera le dernier.. Soldats, policiers, pêle-mêle, se lancent à l'assaut. La bousculade est générale. Ils arrivent enfin dans la pièce ou sont retranchés les deux hors-la-loi. Le spectacle est hideux. Du sang, partout. Sur le plancher, sur les murs. Des douilles de balles par centaines. Il est deux heures du matin. Garnier et Valet tentent une dernière fois de tirer puis sont abattus.
3h, tout est terminé. Le siège a duré plus de neuf heures. Cent mille personnes se précipiteront sur les lieux du drames. Le lendemain, les corps sont jetés dans la fosse commune du cimetière de Bagneux.

Source: http://grands.criminels.free.fr
# Posté le samedi 10 septembre 2005 07:03
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:42

Autours du Milieu (1/3) : Ni armes, ni violence et sans haine - Albert Spaggiari

Autours du Milieu (1/3) : Ni armes, ni violence et sans haine - Albert Spaggiari
Voici le premier des trois portraits consacrés à trois légendes du Grand Banditisme ayant entretenu de supposés liens avec le Milieu, sans toutefois en faire partie.


Albert Spaggiari est né le 14 décembre 1932 à Laragne (Hautes-Alpes). Albert Spaggiari, c'est le présumé « cerveau » du casse de Nice, une légende du grand banditisme... En 1976, il a réussi un coup monumental, le cambriolage de la salle des coffres de la société générale de Nice en passant par les égouts. Butin, 5 milliards de centimes, 24 millions d'euro. Le « casse du siècle ».

Société générale de Nice, 20 juillet 1976. L'annonce du casse du siècle est à la « Une » de tous les médias. Le fric-frac a été découvert la veille par Charles Battistelli, employé à la société générale, le premier à être entré dans la salle des coffres. Il raconte la découverte du casse : 317 coffres fracturés et dans la salle, un vrai capharnaüm : photos intimes affichées, sol jonché d'objets divers, de bijoux de pacotille, ceux qui n'ont pas intéressé les voleurs. Les casseurs ont « signé » leur coup d'un mot collé sur une armoire : « ni armes, ni violence et sans haine ». Les policiers refont à l'envers le parcours des voleurs. Ils passent par un tunnel de 8 mètres creusé dans la roche, puis les égouts de Nice, puis la rivière souterraine du Paillon... Tout au long, le sol est jonché de matériel. Peu d'indices, mais une seule certitude, la logistique est sans précédent. Le casse a été fait par une grosse équipe, des bandits expérimentés.

Une rafle est lancée dans le milieu marseillais. Le Parrain marseillais, Gaétan Zampa, est tout de suite suspecté. Mais Francis Pellegrin et Alain Bournat (voir mini biographie des deux hommes ci-dessus) , arrêtés après avoir tenté de négocier des lingots provenant du casse, donnent un nom, celui d'Albert Spaggiari. Spaggiari, un petit photographe niçois, ancien d'Indochine, écrivain, commence par nier. Il veut négocier ses aveux, il a des amitiés haut placées, il ne parlera que devant un grand personnage du ministère de l'intérieur. Maître Jacques Peyrat , son avocat, actuel maire de Nice, assiste aux aveux de Spaggiari devant Honoré Gévaudan, l'un des plus importants policiers de France.

Faisons un bref retour sur la "carrière" d'Albert Spaggiari. Sa vie commence plutôt mal. En effet, il a à peine trois ans quand son père décède. Sa mère se remariera trois ans plus tard. De quoi forger le caractère du petit Albert. Celui-ci, alors agé de 16 ans, décide de fuguer pour rencontrer Salvatore Giuliano, le célèbre bandit d'honneur sicilien. En 1950, tout juste majeur, il s'engage chez les Bérets Rouges pour l'Indochine et est affecté au 3ème bataillon de parachutistes coloniaux. C'est en 1953 qu'il débute sa carrière de voyou. Le 31 javier de cette année, avec un complice, il se fait remettre la caisse du "Milk Bar" à Hanoï. Il sera reconnu et arrêté. le 17 août 1954, il est condamné à 5 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour. En Novembre de la même année, il quitte l'Indochine pour la France où il rejoint Marseille et sa prison des Baumettes. En 1957, après deux remises de peine, il est libéré et s'installe à Hyères où vit sa mère, il y rencontre Audi, une infirmière qui deviendra sa femme le 27 janvier 1959. Albert travaille alors à la société Fichet-Bauche, fabricant de coffres forts. Celle-ci se trouve à Dakar. Albert restera dans cette ville jusqu'en mars 1960, date à laquelle il regagne la France en compagnie de son épouse. Un an plus tard, Spaggiari tente d'assassiner le Général de Gaulle. En 1962, alors membre de l'OAS, il retrouve la prison de la Santé pour une affaire d'armes et de tracts. Il sort en 1966 et ouvre son magasin à Nice en 1968. Puis vint le fameux casse de Nice...

Spaggiari lui-même, filmé quelques années plus tard, alors qu'il est en cavale par une caméra de télévision, donne tous les détails de ce fameux « casse » du siècle. Pendant trois mois, une quinzaine d'hommes, vont creuser un tunnel de 8 mètres en passant par les égouts jusqu'à la salle des coffres. Au cours du week-end du 17 juillet au 19 juillet 1976, trois cent trente sept coffres seront ouverts : cinquante millions de francs de l'époque. Des mois de préparation, des semaines de travaux en sous-sol ; dans les égouts, les héros ont fini par apprivoiser les rats.

Fanfaron, hâbleur, provocateur, Spaggiari devient pour l'opinion publique une sorte de mythe, mandrin qui vole les riches sans haine, ni violence et sans armes. Il a l'image d'un voyou à la française comme on n'en fait plus, de ceux qui ont de la classe: veste de blazer impeccablement coupées, gros cigare à la bouche et sempiternelle lunettes noires au nez. Le tout avec une barbe de trois jours et une coiffure un rien négligée. Anti-banquier, populaire, et toujours du bon côté. Et pourtant l'homme est plus complexe qu'il n'y paraît. Le casse, il le revendique au nom d'une organisation chargée d'aider des gens d'orientation politique discutable...

Ancien d'Indochine, il a été membre de l'OAS et a même voulu assassiner de Gaulle. Depuis il continue à militer dans les mouvements nationalistes. Après son arrestation, Spaggiari ne reste pas longtemps en prison. Le 10 mars 1977, Il s'évade par la fenêtre du bureau du juge d'instruction. Une évasion très facile, trop facile selon certains.
A-t-il bénéficié d'aide de ses amis politiques, notamment d'anciens OAS proches du maire de Nice Jacques Médecin ? La polémique lancée par la presse de gauche permet la mise en ballottage du maire lors des municipales de 1977.

Spaggiari en cavale devient le premier « bandit médiatique ». Il donne régulièrement de ses nouvelles à la presse, écrit des livres. Durant sa cavale qui aura duré jusqu'à sa mort, il prend un malin plaisir à narguer la police française.

Lassé de la cavale, ruiné, malade d'un cancer de la gorge, Spaggiari tente de négocier sa reddition. Mais il meurt le 8 juin 1989, à 57 ans, en exil en Italie (à Belluno), après douze années passées à se grimer et à fuir. Sa compagne ramène elle-même le corps de Spaggiari en France et le dépose chez sa mère à Hyères (Var). Il est enterré à Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes). Devant les caméras de télévision, il avait pourtant demandé à être incinéré...



Les complices du casse de Nice

Le gang des égoutiers, responsable du casse de Nice, reste un groupe dont on connait peu de noms avec certitude. Voici toutefois une liste des personnalités associées, de prés ou de loin, sans aucune certitude, au fric-frac du siècle :

- Gaby A
- Alfred A
- Alain B
- Noël D
- Christian D
- Homère F
- Jean M
- Daniel M
- Henri M
- Francis P
- Dominique P
- Jean-Louis R
- Gérard V
- Adrien Z
- Gaétan Z
# Posté le samedi 10 septembre 2005 06:03
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:42