Le Milieu du Foot

Le Milieu du Foot
faute d'acces web, pas de MAJ avant vendredi 31




Préambule : les faits qui suivent n'ont donné lieu à aucune condamnation (ni des clubs, ni des personnages cités) et ne permettent en aucun cas d'affirmer qu'une prise de pouvoir des clubs mentionnés ci-dessous par des organisations mafieuses a pu, à un moment donné, avoir lieu.












Début des années 1990. Transfert de Jean Pierre Papin de l'OM vers l'AC Milan. Environ 12 millions d'euros.
Début des années 2000. Transfert de Didier Drogba de l'OM vers Chelsea. 37.5 millions d'euros.

Sport business. Foot business. Le sport numéro en France génère beaucoup d'argent. De plus en plus d'argent. Explosion des chiffres d'affaires liés aux produits dérivés, accroissement des entrées au stade, augmentation exponentielle des droits de retransmission, des salaires des joueurs et des commissions des agents... Surfant sur la vague « France 98 », les clubs professionnels français ont vu leur budget exploser. Conséquence directe : les transferts de joueurs se sont mis à générer des mouvement de capitaux toujours plus importants. Arrêt Bossman aidant (libre circulation des joueurs), ces mouvements sont devenus de plus en plus fréquents. De plus en plus complexes également. Une aubaine pour certains ?






Depuis plusieurs années, le foot s'est invité de façon occasionnelle dans les chroniques judiciaires de nos quotidiens. Détournement, corruption... En filigrane, l'ombre de certaines personnalités considérées par certains (police, collectivités...) comme étant d'éventuels représentant du Milieu. Bref retour sur quelques-unes des affaires qui ont touché certains de nos plus grands clubs.



OLYMPIQUE DE MARSEILLE

Du trafic de places à la dîme touchée sur les transferts, la mainmise du Milieu sur le club phocéen fait régulièrement les choux gras de la presse... fantasme journalistique ou triste réalité ?


La caution du Belge

4 décembre 1992. Ecroué, Francis Vanverberghe, dit « le Belge » est relâché sous caution. Montant de celle-ci ? 228 673 ¤. Selon son avocat, la somme provient d'une prise d'hypothèque. Une autre version quant à l'origine de cette caution est parue dans la presse. A l'époque, il se murmure en effet que c'est Bernard Pardo, un footballeur de l'OM de la grande époque, qui aurait payé la caution. Ce dernier s'en défend en expliquant qu'il « a prêté pour l'achat d'un appartement la somme de 250 000 francs à son copain footballeur, François Vanverberghe », un neveu de Francis ». Pardo, dont le nom reviendra quelques années plus tard dans une affaire de stupéfiants, dément avoir payé la caution. Etrange.

Source : « Les Parrains de la Côte », Bruno Aubry.



Les relations troubles du boss


2001. Début février. L'OM prépare la réception du PSG. Pour les deux clubs, c'est LE match de l'année. Celui à ne pas perdre. A cette époque, l'OM n'est pas au mieux. Le club patine en championnat et la grogne monte dans les travées du stade vélodrome. Les supporters menacent d'employer les grands moyens pour faire part de leur mécontentement. Jusque là, rien de bien original pour un club rôdé à enchaîner les périodes délicates. Sauf que cette fois, l'encadrement est bien décidé à calmer les esprits. C'est dans ce contexte que le président Robert Louis Dreyfus (RLD), milliardaire qui a injecté plus de 150 millions d'euros dans les caisses du club, aurait rencontré Roland Cassone, une présumée figure du Milieu marseillais (qui n'a jamais été condamnée), au Sofitel Vieux-Port de Marseille, où se sont négociées et quelquefois conclues les petites et grandes affaires de l'OM. Une rencontre qui aurait eu pour but de calmer les supporters. En effet, au delà de ses activités, Cassone, fiché mais jamais condamné, serait un membre influent d'une des associations de supporters du club marseillais. C'est Jean-Chri qui aurait permis cette rencontre inattendue. Jean-Chri, un ancien joueur du club, qui, à la fin de sa carrière, s'est vu proposer un poste au sein de l'OM TV, avant d'être rapidement propulsé Directeur Sportif de l'OM. Certains observateurs se demandent aujourd'hui encore comment l'ancien joueur a pu bénéficier d'une promotion aussi rapide. Etrange.

Avril 2002, un jet privé atterrit à l'aéroport de Cannes. A son bord, Robert Louis Dreyfus. A sa descente de l'avion, l'homme d'affaire monte dans une voiture. Cette dernière est conduite par un certain... Jean-Chri. Les deux hommes prennent la direction de Simiane-Collongues, dans l'arrière-pays d'Aix, et s'engouffrent dans une villa claquemurée comme une forteresse. Normal quand on sait que son occupant n'est autre que ... Roland Cassone, homme prospère et intelligent qui cultive l'art de la discrétion. Pourquoi un tel rapprochement ? RLD tentera de s'en expliquer. Jean-Chri m'a présenté Roland Cassone, que je ne connaissais pas, comme un membre influent d'une des associations de supporters du club, détaillait Robert Louis-Dreyfus au Nouvel Observateur, confirmant ainsi le rendez-vous secret. Pourtant, on l'a vu, cet homme qu'il ne connaissait pas, RLD l'avait déjà rencontré un an plus tôt... Le milliardaire, fils de bonne famille, n'a pas précisé la teneur du discours qu'il a eut avec le présumé caïd marseillais. Toutefois, quelque temps après cette seconde rencontre, un événement pour le moins imprévu vint secouer le club : La plainte qu'Etienne Ceccaldi (Directeur Général du club) venait de porter à l'encontre de Jean-Chri pour escroquerie suite à des transferts de joueurs jugés suspects est retirée. Etrange.


Sources : Le Nouvel Observateur.
L'Equipe Magazine




Des transferts suspects ?

Jean Luc B. « Un homme incontournable à Marseille », dixit Roland Courbis, l'ancien entraîneur de l'OM, finaliste de la coupe d'Europe en 1999. Même s'il ne cesse de la démentir, la rumeur fait de Jean Luc, dont le casier judiciaire est vierge, un homme de poids du Milieu Marseillais. A tort ou à raison...

Toujours est-il que Jean Luc est un agent de joueur (cela consiste à jouer le rôle d'intermédiaire entre les clubs lors des transferts de joueurs, moyennant une commission). Tout du moins l'agent D'Abdoulaye Meïté, le défenseur central marseillais. Peut-être d'autres. Difficile de savoir. En tout cas, Jean Luc, qui a fait un an de préventive pour une affaire dans laquelle il n'a pas été condamné, aurait ses petites habitudes à l'OM. Avec un associé, il a réalisé de juteux transferts, même quand ceux-ci étaient impossibles. Exemple. En 2001, l'agent propose à Etienne Ceccaldi d'acheter Cyril Chapuis, un jeune joueur appartenant à Rennes. Le Directeur Général refuse, compte tenu de la situation financière précaire du club à cette époque. D'ailleurs, RLD s'était engagé quelque temps plus tôt auprès de la DNCG, l'organisme de régulation des clubs professionnels, à ne pas recruter de joueurs. Pourtant, comme par miracle, le transfert, réalisé par l'intermédiaire de Jean-Luc (qui ne travaille plus avec l'OM aujourd'hui à priori), va tout de même se faire pour un montant de plus de six millions d'euros. Etrange.

Sources : Le Nouvel Observateur.
L'Equipe Magazine






Aujourd'hui, aucune certitude ne permet de révéler que le Milieu a une emprise sur le club phocéen. Toutefois, on l'a vu, certains événements, vu de l'extérieur, peuvent laisser les observateurs perplexes. Comment un fils de bonne famille comme Robert Louis Dreyfus, a-il pu se retrouvé encalminé dans le Vieux Port ? Comment un homme un homme d'affaires brillant comme Robert Louis Dreyfus, PDG d'un groupe de 13 000 personnes, a t-il pu injecter plus d'un milliard de francs dans un club sans gagner le moindre trophée ? A certains moments, j'ai senti RLD pas libre de son action, révélait Etienne Ceccaldi . J'avais de l'affection pour lui, car je l'ai senti vulnérable face à ce Milieu marseillais. Des propos qui laissent songeurs. Tous comme ceux prononcés par Tapie dans le Monde : « RLD a laissé le Milieu se réintroduire à l'OM de manière incroyable. Cela a cessé à mon retour ». Certains prétendent à demi mots qu'on pourrait lui faire peur...








L'OGC NICE

D'une manière générale, l'environnement du club azuréen est plus calme que celui de son homologue phocéen. Pourtant...

Une reprise mystérieuse

Le début des années 2000 a laissé planer de nombreux doutes sur la gestion de l'OGC Nice. Alors qu'il est dirigé par le magnat italien Francesco Sensi (par ailleurs propriétaire de l'AS Rome), le club, qui se trouve alors dans une position peu reluisante, est à vendre. Des repreneurs ne tardent pas à se faire connaître, probablement alléchés par une perspective de remontée de l'équipe (quadruple champion de France et triple vainqueur de la Coupe au siècle dernier) en Ligue 1.

Après l'élimination sur le fil du franco-polonais Waldemar Kita, patron d'une entreprise de cosmétiques basée en Suisse, le candidat le plus sérieux et qui avait les faveurs de la mairie fut sans conteste le trio constitué par le journaliste Charles Biétry, ancien directeur du service des sports de France 2, l'homme d'affaires Luc Dayan, président jusqu'en 2001 du LOSC, et André Boïs, un petit patron niçois du BTP, fou de foot qui était président du " Gym " lorsque celui ci remporta sa dernière coupe en 1997. Dans ce cas aussi, les négociations échouèrent d'un rien, les Italiens faisant traîner les choses et monter les enchères jusqu'à la date fatidique du 10 décembre 2001 à laquelle le droit de priorité au rachat du club par l'ancien président Mandaric s'éteignait.

En effet, parallèlement, Franco Rottuno, le président de la SAOSP-OGCN, menait des tractations discrètes si ce n'est secrètes, au nom du président de l'AS Roma avec Challenge Associés, un groupement d'investisseurs marseillais. Des tractations favorisées par l'association qui se terminaient le 12 février 2001 par un accord, entériné le jour même par le conseil d'administration de la SAOSP, de cession du club niçois aux " Marseillais ".

Jusqu'ici, rien d'exceptionnel. Mais des interrogations vont très rapidement apparaître chez les pouvoirs publics. Les raisons ? L'identité des repreneurs. On retrouve parmi eux Jean-Chri (voir plus haut), Robert Cassone et François Mouret, les deux derniers étant les fils de deux personnages présumés comme étant des membres du Milieu. Si la parenté avec des personnes fichées n'est évidemment pas un délit, en revanche, la municipalité niçoise et les autorités du football s'inquiètent alors d'une éventuelle prise de contrôle du club par la pègre, via les fils de famille. En effet, les autorités avaient peur que, compte tenu de l'argent qui tourne dans le monde du football, l'OGC Nice ne devienne une machine à blanchir l'argent.

De son côté, la nouvelle équipe dirigeante s'attache à rassurer les parties prenantes en affirmant qu'il s'agit avant tout « d'une histoire d'amitié, de valeurs partagées, pas de fric ». Robert Cassone et François Mouret prétendaient également s'attendre à un accueil pas très chaleureux. « Porter ces noms-là, que l'on respecte, on savait que ce serait le prix à payer, confie Robert Cassone, mais mon père n'a jamais été condamné. Je n'ai rien à cacher, je suis commerçant. Ces rumeurs, c'est blessant. Mon père, il est dans son jardin, il s'occupe de ses tomates, de ses chiens, de ses petits-enfants. Tout cela, c'est une tentative de déstabilisation. »

La déstabilisation sera finalement trop forte. En mai 2005, Robert Cassone, alors président, démissionne de ses fonctions. « Je pars à cause de la pression médiatique et des rumeurs autour de mon nom », avait-t-il alors déclaré à l'AFP. Ses associés avaient fait de même quelques semaines plus tôt.



Le Précédent

29 mars 1996. Championnat de France de Nationale 3. Hyères reçoit le FC Calvi. À l'issue de la rencontre, Hyères l'a emporté 2 à O pour la plus grande joie du président du club varois. Son homologue corse, un certain Dominique R, qui assiste au match depuis les tribunes, n'affiche bien entendu pas la même satisfaction. Il n'est pas le seul à être déçu. Son ami et conseiller technique, un certain Roland C, qui a assisté au match en sa compagnie, partage sa déception. Il se murmure que les deux hommes ont des vues sur le club de l'OGC Nice.

Dominique. L'homme est un beau mec. Un beau voyou qui possède notamment des intérêts dans plusieurs établissements de nuit en Corse. Il a été condamné en 1990 à quatre ans de prison pour une probable implication dans une attaque à main armée. Roland. Ancien footballeur international devenu entraîneur de haut niveau, il aurait été mêlé à quelques affaires retentissantes, notamment une affaire de fausses factures et autres caisses noires du club de Toulon ainsi qu'à une affaire de jeux truqués au Palm Beach de Cannes, pour laquelle il a été relaxé.

Il est 20 heures. Les deux hommes s'avancent à pied sur l'avenue qui mène à un petit parking. Puis ils s'apprêtent à monter dans leurs voitures. Roland va ouvrir la porte de sa Safrane lorsqu'un déluge de plomb s'abat sur les deux hommes. Quatre tueurs embusqués et munis d'armes automatiques déchargent leurs chargeurs. Ils n'ont laissé aucune chance à Dominique qui est visiblement la véritable cible des tueurs. Le Corse est touché par quatre projectiles. L'un des deux tueurs s'approche. Deux détonations sèches claquent. Dominique vient d'être achevé de deux balles dans la tête. Deux balles à bout touchant. À ses côtés, Rolland est lui aussi au sol. Une balle de 9 mm, visiblement une balle perdue, lui a transpercé l'abdomen. La blessure ne sera pas mortelle. Le travail effectué, les tueurs s'enfuient à bord d'une voiture volée. Roland et Dominique ne formeront jamais le ticket gagnant de l'OGC Nice.




photos: quelques uns des protagonistes de l'article...
source: L'Equipe Magazine

# Online seit Freitag, 24. März, 2006 um 12:32

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 03:42

Les pseudos utilisés par l'auteur d'un livre très bien documenté sur le Milieu: livre n°2

LIVRE 2


Selon l'auteur, "toute ressemblance ou similitude avec des personnages existants ou ayant existé ne peut être que fortuite". Par conséquent, les prénoms que j'associe aux éléments nominatifs utilisés par l'auteur ne sont le fruit QUE de ma propre interprétation. Ainsi, tout ce que j'avance ici est susceptible d'être faux...


Alain: Jean-L M
Alforta: Daniel S ????
Ali: ????
Alice: ????
Alto: Charles A
Amel: Nordine
Antonio: ????
Areno: Daniel A
Bachmann: ????
Baltus: ????
Bareli: Philippe W
Bedros: ????
Ben: ????
Benali: Nordine B
Benevento: famille B
Bibi: Noelle B
Boby: Antoine C
Bokassa: Bernard
Bouly: ????
Broussard: Robert B
Bubu : ????
Calonna : Vincent C
Caroline : ????
Cassel : Michel D
Castor : ????
Cermo : André C
Cerro : ????
Chalabi : famille C
Charlot : Laurent F
Cheker : ????
Cheki : François C
Ciaro le tunisien
Cookie : Claude R
Copola : Jo C
Cristo : Jean-P G
Daniel : Richard L
Debreuil : Michel D
Defferre : GD
Denis : Christian R
Dentino : ????
Di Vichi, la pastille
Dick : ????
Didier : ????
Dogliano : Frères P
Dolore : H
Dominique : Dom R
Dorman : Jacques G
Dumas : Roland D
Dupont : Jean P
Elliot : William P
Emmet le Grec : Frère Had...
Espo : ????
Etienne : ????
Eva: Maria V
Fafa: Farid B
Fargette: JLF
Farid: Farid B
Feras: ????
Fillippi: Homère F
Footy: Bernard P
Gabain: ????
Gaby: Gabriel R
Garcia: Agel G
Gardon: ????
Genova: Claude G
Genovese: famille G
Gilbert: Gilbert H
Gino : Jean-R R
Guy le grec : frère Had...
Helene : ????
Isabelle : Marie-C P
Jacques Coke
Jeanou: ????
Jeanne: ????
Joseph: Jo R
Julie: ????
Julien: Christian G, Gabriel M ????
Kader: ????
Kiki: Léon P
Kilter: ????
Klaus: ????
L'acteur: Alain
La finance : Jacques
La flaca : Anna Maria R
La puce : Nordine B
La vipère : S. H-E
Labbé : André L
Laredo : Michel L
Laurel et Hardy
Le basque : ????
Le berger : Karim R
Le carcajou : Jean-C M
Le chauve : Pons ????
Le chinois : Raymond m
Le dalton : Marcel L
Le glas : ????
Le grand Bernard : Bernard B
Le gros Marc : Jean-M L
Le léger : ????
Le marquis : JC
Le producteur :
Le santon : Roland C
Le tio : Jacques I
Le tube : ????
Leblond : François G
Lebrun : François S
Léo : ????
Leroy père : Louis R
Leroy Milou : Michel R
Lignon : ????
Lisette la viet
Lolo : Laurent B
Loule : SP
Luigi : ????
Ly: Lydie
Maglia: Gilbert C
Malko: Noël M
Maneri Mikaele: famille M
Maneri Salvatore: famille M
Manu le sarde : ????
Marcel : Marcel F
Marius : Marius B
Markus : Jean-C M
Marlone : William C
Martelli : Francis M
Marthe : Hermina
Martine : Simone V
Michel : Pierre M
Mimi : Dominique G
Miro : Jean-C K
Molinier : Edmond F
Morin : Marcel M
Nabil : ????
Nico : ????
Nitti : ????
Nosha : Im.. M
NS 57 : ????
Olga : ????
Orion : Philippe V probablement
Orlandini : Denis D ????
Ortiz : ????
Paolo : ????
Paquet : Eric P
Paul : Paul M
Pépé : ????
Peritti : Antoine P
Peter : ????
Pezet : Michel P
Philippe : Philippe J
Philou : Jean ou Xavier
Pietro: ????
Polak: ????
Pusso: Michel R
Raf: Raphaël DP
Rebonato: ????
René: ????
Richard: Richard B
Rimano: Roger M
Roberto: Gerard V ????
Robin: ????
Roca: ????
Roch: ????
Rosita: ????
Sam: Jean J M
Samy: Samil K
Santiago: ????
Shine Barry: ????
Shinoshi: ????
Silva: ????
Sinclair: Jean Philippe O
Soller: Roger M
Sombrero: Alain S
Spanu: Roger S
Spito: Bruno S
Sucette: CP
Suzie: ????
Tany: Gaétan
Teddy: ????
Tino : ????
Toci : Jean
Toscan du ramier : Daniel TdP
Valdo: ????
Venturini: famille V
Victor: José V
Vito: ????
Weston: ????
Willy de pigalle: ????
Xavier: ????
Zaoui: William Z
Zoby: Joseph B
Zolto: Pierre L


Personnages annexes:

Le patissier (p.206): ????
Chico le portoricain (p.198): ????
Bouboule (p.178) : Lucien S
Gode (p.177) : André G
Ponia (p.101) : Michel P
Riina (p.128) : Toto R
Gaston (p.66) : Gaston D
Lucet (p. 81): René L
Nono (p. 60) : Noël D
Le vieux Jules (p.59) : ????
Ange (p.340) : ANF
Milza (p.441) : ????
Crozet (p.441) : ????
Amedée (p.440) : ????
Tournesol (p.445) : Alain T
Fratoni (p. 246) : JDF
Vidal (p.247) : Ed V
Le grec (p.255) : Roland C
Vigouroux (p. 267) : Jean-Claude G
Béré (p.281) : Pierre B
Michele Zaza (p.291) : Michele Z
Hernandez (p.294) : ????
L'emmerdeuse du Var (p306): YP
Madani (p.316): Aca....????
Carlo (p.37) : ????
Le colonel (p.37) : ????
Boulin (p38) : Robert B
Le docteur (p.45) : André B
Don Gerlando (p.46) : Gerlando A


Si certains souhaitent apporter des compléments et corrections, notamment concernant les pseudos suivis de ? ? ? ?, n'hésiter pas...


Cet article sera mis à jour régulièrement.

# Online seit Freitag, 24. Februar, 2006 um 19:07

Geändert am Sonntag, 25. Februar, 2007 um 18:12

Bati

L'histoire d'un des pontes de la French Connection



Né en 1920 en Haute-Corse, Bati a commencé sa carrière comme marin. Intelligent, épaules larges, le jeune homme est un débrouillard. Agé de 25 ans, il fait parler de lui pour la première fois. Il est en effet suspecté dans une affaire de meurtre à Bastia. Il s'en tirera sans dommage. Il commencera réellement sa carrière grâce à l'appui d'un des organisateurs majeurs de la French Connection, à savoir l'Aga Khan. Bati est alors, en compagnie d'un certain Paul Mondoloni, Corse lui aussi, le lieutenant du trafiquant. Au début des années 1950, ce dernier enverra ses deux subordonnés au Mexique afin de superviser le trafic d'héroïne. Ils y rejoignent un des correspondants de la filière, Antoine d'Agostino. Un voyage très formateur. Les deux jeunes loups y apprennent les secrets des valises à double fond et autres malles truquées.

Affranchis des ficelles du métier, Bati et son compère, de retour en France, décident de mettre en pratique leurs acquis en faisant une traversée de l'Atlantique avec le plein de marchandise. Tout ne se passe pas comme prévu et ils sont arrêtés au Texas. En 1953, après quelques mois en prison, les inséparables sont expulsés des USA vers le Mexique. Là bas, les deux hommes retournent au charbon avec leur compère d'Agostino. Les affaires tournent à plein régime. Mais en 1955, Agostino est arrêté. La répression mexicaine se fait très pesante, ce qui incite Bati et Mondoloni à quitter le pays. Après avoir navigué ici et là, ils retrouvent leur mentor, l'Aga Khan, au Canada.

Montréal. Bati et Paul y font de nouvelles rencontres. Ils ajoutent en effet sur leur carnet d'adresse les noms de Lucien Rivard et des frères Cotroni, les caïds de la ville. Ils y font également la connaissance d'un représentant de commerce de la société Ricard. Ce dernier, qui a alors pour supérieur un futur homme politique très connu aujourd'hui, a investi dans les boîtes de nuit et le trafic de minerais. Il est également soupçonné de faire dans la came.

Se sentant suspectés au Canada, en véritables voyageurs, Bati et Mondoloni décident de s'envoler vers La Havane. Là bas, la mafia américaine, avec l'appui du chef d'état local, règne en maître. Les « vedettes » locales se nomment alors Lucky Luciano, Santo Trafficante Jr ou encore Mayer Lansky. En ami de Luciano, les deux corses y sont les bienvenus. Avec l'Aga Khan, ils prennent des parts dans des boîtes de nuits et touchent des commissions sur les machines à sous de la ville. On raconte même que Bati a joué le rôle de conseiller de Batista, le président cubain. Il serait également devenu très proche de l'épouse de l'homme politique.

A Cuba, Bati et son compère reçoivent régulièrement la visite de deux trafiquants marseillais, probablement pour organiser des livraisons d'héroïne vers les USA. Les soupçons se font de plus en plus pressant sur les corses, au point de gêner le Président Batista, soumis à de fortes pressions internationales. Ce dernier ne peut se permettre de protéger ses amis français contre vents et marrées, si bien que, en 1956, Bati et L'Aga Khan sont arrêtés par la police cubaine. Quelques jours après leur arrestation, ils sont expulsés vers la France. Si L'Aga Khan est condamné pour une affaire de came, Bati est remis en liberté dès son arrivée sur le sol français. Il peut donc reprendre ses activités. En France cette fois-ci.

Paris. Fin des années 1950. Fort d�une certaine réputation, Bati est l'objet d'une étroite surveillance de la part des flics. Ceux-ci prétendent l'avoir observé dans la capitale en compagnie du gangster canadien Giuseppe Cotroni. Suite à cette observation, il fut même interpellé à Orly en compagnie d'un de ces proches, puis relâché sur caution. A cette époque, Bati a pour associés les dénommés Mondoloni, Cotroni, Albertini, Nicoli, Mari ainsi que l'Aga Khan et le fameux représentant de la société de boissons à l'anis. Certaines sources évoquent également le Grand Marcel F. et d'autres encore. Un tour de table impressionnant. Tous sont suspectés de faire dans la came. A très grande échelle. Il revendraient aux familles mafieuses américaines et au Canada. Nous serions là au sein d'une des plus grandes filières de la French Connection.

Suspectés, Bati et ses amis le sont. Inquiétés, ils le sont plus rarement. Fautes d'éléments à charge. Ce sont des voyageurs. Quand ils se sentent menacé, ils n'hésitent pas à bouger. Partout dans le monde. Ce sont également des maîtres au jeu des fausses identités. Au delà de leur débrouillardise, ils peuvent aussi compter sur les défaillances du système judiciaire pour s'en sortir à moindre frais. De la prison, certains en font. Bati notamment. Il passe quelques mois derrières les barreaux en 1963-1964.

A cette époque, Bati est un honorable et prospère commerçant. Un notable même, tiré à quatre épingles, patron d'établissements, propriétaire de luxueux appartements et villas, coutumiers de croisières sur de splendides yatchs. Il mène la grande vie. Ses aventures aux quatre coins du monde lui ont permis de se créer une véritable fortune. Malheureusement pour lui, tout a une fin...

L'année 1973 vient de commencer. 19h00. Bati sort d'un bar et monte dans une voiture conduite par celui qui lui a mis le pied à l'étrier, à savoir l'Aga Khan. Au même moment, le propriétaire du bar, qui n'est autre que Joseph Mari, prend lui aussi sa voiture. La Renault 10 de Bati et la Peugeot 504 de Mari vont connaître le même sort. Toutes deux sont arrêtées par les policiers. Le coup de filet est réussi. Les trois hommes sont interpellés. La raison de cette interpellation ? ils sont suspectés d'avoir établi un vaste trafic d'héroïne entre la France et les USA. De source policière, ils auraient introduit environ une tonne de came sur le sol américain en à peine deux ans. La drogue aurait été cachée dans des bateaux et dans des voitures de façon à être acheminée en petits paquets par l'intermédiaire de passeurs. Les gains étaient énormes. Chance, laxisme des autorités et liberté de mouvement ont été les principaux facteurs clé de succès de ce business.

Cette arrestation est le fruit d'une très longue enquête (près de deux ans) sur cette filière. En effet, depuis les années 1960, des moyens importants ont été mis en oeuvre pour lutter de manière plus efficace contre la French Connection. L'arsenal répressif a en effet été renforcé de façon spectaculaire, notamment suite à la pression des américains pour lutter contre un fléau qui faisait des ravages au sein de la jeunesse du pays.

Le procès s'ouvre en 1974. Bati ne plaide pas coupable. Il évoque « une machination contre lui », prétend être un aventurier, mais assure ne pas tremper dans la drogue. Malheureusement pour lui, nombreux de ses anciens complices témoignent contre lui. Malgré tous les arguments qu'il avance pour tenter d'expliquer l'origine de sa fortune (jeux, revenus des machines à sous et de ses établissements�), que certains considèrent comme l'une des plus importantes détenues par les vétérans de la French Connection, Bati peine à convaincre le tribunal. Difficile d'expliquer l'acquisition de trois bateaux, de trois voitures haut de gamme, les visites dans les luxueux hôtels, les investissements dans la pierre et tutti quanti.

Au final, les éléments à charge contre Bati ne sont pas si nombreux. Ils reposent essentiellement sur une fortune colossale que certains jugent douteuse et sur des témoignages pas forcément synonymes de vérités. Malgré tout, Bati sera condamné à dix-huit ans de prison. Une très grande figure vient de tomber. Le plus grand trafic international de drogue a un genou à terre.

# Online seit Montag, 30. Januar, 2006 um 06:44

Geändert am Dienstag, 28. Februar, 2006 um 16:07

La main dans le SAC, ou quand le Milieu rencontre la politique

La main dans le SAC, ou quand le Milieu rencontre la politique
Fondée dans le but d'apporter un «soutien inconditionnel à la poursuite des objectifs définis par le Général», cette officine devint, au fil des années, une nébuleuse mêlant puissants caïds, policiers, hommes politiques de premiers plans (Jacques Foccart, le «monsieur Afrique» de De Gaulle) et futurs élus (Charles Pasqua).


S.A.C. Trois lettres qui claquent. Trois lettres pour désigner une organisation, Service d'Action Civique, créée en décembre 1959. Héritier du service d'ordre du RPF (Rassemblement du Peuple Français), le Service d'Action Civique est officiellement une association à but non lucratif. Mais sous cette appellation innocente se cache une bien plus sinistre machine. Une « machine » qui, durant vingt ans, a traîné derrière elle une odeur de soufre sans que l'on sache exactement qui en faisait partie et quelle était sa motivation, sauf celle de haïr les communistes. Une police parallèle ? Un service d'ordre ? Une officine gaulliste ? Initialement, sa vocation était plutôt claire. Le SAC avait pour objectif de « rassembler toutes les personnes, sans distinction d'opinion ou de race, désireuses de soutenir l'action du général de Gaulle. » Son activité majeure devait alors consister en l'assurance de la sécurité des campagnes électorales des candidats gaullistes de l'UNR.

Fondé par Dominique Ponchardier, Roger Frey et Jacques Foccart à l'occasion du retour du Général au pouvoir, le SAC va très vite prendre une dimension toute autre que celle qui était la sienne au moment de sa création. Dès le changement de cap du général de Gaulle au sujet de la crise algérienne, le recrutement devint de moins en moins sérieux. En effet, beaucoup de membres initiaux du SAC ont démissionné car ils étaient favorables à une Algérie Française. Les grognards du gaullisme partis, les dérives pouvaient alors commencer. Petits escrocs. Puis délinquants. Puis caïds. De fil en aiguille, le Service compte dans ses rangs des figures de plus en plus respectées du Milieu. Dans ce cadre, ce n'est pas une surprise de voir le caïd grenoblois Mathieu Mattei exercer le rôle de chauffeur du premier ministre Pompidou lors d'une visite à Grenoble de l'homme politique. Conséquence directe de cette dérive dans le recrutement : l'action du Service devient désordonnée. Pour ne pas dire violente. Fusillades durant les campagnes, assaut contre les grévistes, chasse aux militant du FLN...

Il faut bien avouer qu'une appartenance au SAC constitue un passe droit des plus intéressants pour les truands. La carte tricolore de membre ne place pas son propriétaire au dessus des lois. Mais elle procure néanmoins des avantages indéniables. En effet, lorsqu'un truand titulaire de la fameuse carte tombait dans les mailles de la police, elle lui évitait, en général, d'avoir à affronter la justice. Pour la simple et bonne raison qu'il voyait les poursuites contre lui abandonnées. Certains hors-la-loi pouvaient même être libérés dans la journée suivant leur arrestation. Un certain M.P. (poursuivi pour crime contre l'humanité) aurait été selon certaines sources, en tant que préfet de Police, coutumier de telles procédure de libération.

Pour autant, il est très difficile de savoir quels voyous faisaient partie de l'officine. En effet, les fichiers des adhérents, tenus secrets, n'ont jamais été découverts. Sans être exhaustif, loin de là, nous pouvons toutefois en citer quelques uns. « Le Parrain » de Lyon tout d'abord, qui bénéficiait durant les années 60 de puissantes relations policières et politiques. A Grenoble, comme nous l'évoquions plus haut, le boss de la ville bénéficiait lui aussi de la protection du Service. L'homme, cousin d'Alexandre Sanguinetti (homme d'affaire, conseiller du ministre de l'intérieur et homme fort du SAC) , régnait alors sur la prostitution de la région grenobloise. Les frères Z, maîtres des boîtes de nuits parisiennes, ont quant à eux bénéficié de protection jusqu'aux années 70. Un de leur associé servait en effet de colleur d'affiche et d'agent électorale aux candidats gaullistes. Les truands marseillais ne sont pas en reste. A commencer par deux des principaux compères de Jean-Baptiste Croce durant la French Connection, qui ont eux aussi leur carte tricolore. Du côté de Nice, on citera notamment Bianchini ou encore Giaume. Les boss du Milieu niçois ont à tour de rôle été les dirigeants local du SAC. Enfin, pour ce qui concerne Aix en Provence, c'est une figure de la criminalité locale, un dénommé Sauveur, qui dirige l'antenne aixoise du Service.

Entrons un peu plus dans le détail. S'il était initialement dirigé par Pierre Debizet, le vrai patron était certainement Jacques Foccart, confident de De Gaulle. Les autres dirigeants gaullistes se nommaient Charles Pasqua (Charles Pasqua, qui a été vice-président de l'organisation, aurait été exclu du SAC sur ordre de Jacques Foccart au début de 1969 pour avoir tenté d'en prendre le contrôle à la faveur des événement de mai 1968), Roger Frey, Paul Comiti, Alexandre Sanguinetti, Dominique Ponchardier et Jean Bozzi. Mais pourquoi ces hommes ont-ils réalisé un tel recrutement alors qu�initialement anciens résistants, vétérans des guerres coloniales, policiers en retraite ou même en activité constituaient les principales cibles des recruteurs ? La réponse est très simple : les effectifs étaient insuffisants, d'où la nécessité de puiser dans les bas-fonds de Marseille et de Lyon.

A l'occasion, Le SAC fournissait à ses troupes de fausses cartes de police et des armes. Bien payés, les hommes du SAC exécutaient les basses oeuvres du régime dont la police et l'armée ne pouvaient se rendre coupable : exécutions d'otages, infiltrations, tortures etc. L'histoire du Service ne compte plus bientôt les attentats, les passages à tabac, les fusillades, les cambriolages, les trafics de drogue, de chantages, d'extorsions de fonds, de meurtres et de proxénétisme... C'est donc un fait bel et bien réel. Une véritable osmose a vu le jour entre les caïds et le SAC. Les chiffres sont là pour le prouver. Entre 1960 (année de création) et 1982 (année de désintégration), quelques 65 affaires, impliquant 106 membres du Service, ont pu être dénombrées.

Le SAC a finalement été dissout par une ordonnance du Conseil des Ministres, le 3 août 1982, à la suite de la "tuerie d'Auriol", dans laquelle l'un des responsables de l'organisation, l'inspecteur Massié, sa femme, ses enfants et d'autres membres de sa famille ont été sauvagement massacrés par un commando du SAC. Certains, lors de la période de flottement du S.A.C, voulurent récupérer cette organisation qui a toujours existé de façon autonome par rapport aux différents partis gaullistes. Charles Pasqua est l'un d'eux. Le plus célèbre de nos ministres de l'intérieur créa à cette occasion "Solidarité et défense des libertés" qui rassemblait des membres du R.P.R, de l'U.D.F, des anciens du S.A.C et même de certains mouvements très à droite comme le P.F.N. Ce descendant du S.A.C n'a finalement pas eu une existence très importante.



Photo: Jacques Foccart

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Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 06:37

Trois des plus grandes vendettas du Milieu

Trois des plus grandes vendettas du Milieu
Trois époques, trois vendettas...



PARTIE 1 : LA VENDETTA DE PIGALLE

Angelin Foata est né en Corse. En 1908. Fils de gendarme, il se destine, alors âgé de 21 ans, à une carrière de cuisinier. Garçon de cuisine pour être précis. A bord d'un Paquebot. Mais le tempérament virulent du jeune homme lui joue des tours. Une altercation avec son supérieur va lui coûter sa place. Sans conséquence. Son cousin est là pour le prendre en charge. Pour le prendre en charge mais surtout pour lui faire découvrir un nouveau mode de vie. Celui des truands. Le cousin est en effet un proxénète.

Foata apprend le métier. Femmes, drogue. A peine plus de 25 ans et Foata s'est déjà fait une place dans la pègre. Celle de Montmartre tout du moins. Il est notamment ami avec Joseph Marini. Un trafiquant corse.

1934. Année charnière dans la carrière de voyou de Foata. Décembre. Trois truands sont arrêtés dans un restaurant parisien. Joseph Rocca-Serra, André Antonelli et Vincent Battestini. Tous trois sont des trafiquants de drogue liés à Marini. Ils écoulent la marchandise sur Montmarte. Angelin va profiter de cette arrestation pour régler ses comptes avec un vieil ennemi. Et avec malice, s'il vous plaît.

Depuis l'arrestation des trois truands, Foata ne cesse de traîner dans les bars de la Capitale. Afin d'y répandre une rumeur : le trio de trafiquants auraient été donné par un certain Stefani. Stefani. La fratrie qui contrôle le marché parisien de la cocaïne et de l'héroïne. L'aîné se nomme Jean-Paul. Né en 1920, c'est un ancien tenancier ajaccien qui a déjà eu plusieurs fois affaire à la justice. Suspecté de meurtre, il fut acquitté. Acquitté, il le fut également pour une affaire de vol. Dans les années trente, son truc, c'est les stups. Ca rapporte.

Quel intérêt pour Foata de répandre une telle rumeur ? Une vieille rancune. Depuis que les Stefani lui ont acheté son laboratoire de Nanterre pour 50 000 francs, les bénéfices explosent. Foata jugeant que c'est grâce à lui, il a jugé bon de demander une participation sur l'affaire. Les Stefani ne lui ont pas accordé. D'où une certaine rancoeur...

Averti de l'animosité qu'il génère chez Foata , Jean-Paul Stefani décide de prendre le devant et de faire la peau à Foata. 1934, soir du réveillon de Noël. On indique à Stefani la présence de son ennemi à un cabaret situé place de Pigalle. Ange y est venu réveillonner avec sa maîtresse Madeleine et le fils de celle-ci, François, âgé de cinq ans. Jean-Paul ne peut laisser passer cette occasion et décide de se rendre au cabaret, un établissement tenu un corse, un certain Mattei. Arrivé sur place, le couple est toujours là. Il est alors pratiquement minuit. Stefani passe un bras entre les rideaux de l'entrée. Dans sa main, un revolver.

Les coups retentissent. Ange Foata a le temps de plonger sous la table. Bon réflexe. Quelques égratignures seulement. Le petit François a moins de chance. Il reçoit une balle dans le ventre. Hôpital, opération. Rien ne peut le sauver. L'enfant décède au petit matin.

De son côté, Stefani prend la fuite. Le personnel de l'établissement à ses trousses, il parvient à les semer. Mais manque de chance, il ne peut éviter un contrôle de rue. Incarcération préventive. Le procès, c'est dans deux ans. Le 26 novembre 1936. Entre-temps, Stefani a la douleur de perdre sa femme. Une tuberculose. Il sera tout de même autorisé à assister à l'enterrement.

Ouverture du procès. Jean-Paul est bien défendu. Maître Morro-Giafferi, avocat de la pègre et Maître Ceccaldi, défenseur des Parrains Carbone et Spirito, sont ses avocats. Ils mettent au point un stratagème pour faire innocenter leur client. Ils décident en effet de faire croire que c'est le frère de Jean-Paul qui a fait le coup. Le frère étant mort entre temps (il fut descendu par un proxénète analphabète du clan Foata le soir même où Jean-Paul a tué le jeune garçon), il n'est pas là pour témoigner. Tout se déroule comme prévu. Jean-Paul Stefani est acquitté. Une chance pour lui ? Pas sûr...

Stefani est donc libre. Libre mais en danger. Foata et son clan ont maintenant tout loisir de se venger. A sa sortie de prison, Jean-Paul se rend sur la tombe de sa femme.Pas seul, avec ses belles-soeurs et son cousin Doumé Paoleschi. Ce dernier a du sang Stefani dans les veines, mais il est cependant ami avec le clan Foata. Famille ? amis ? Cruel dilemme.

La petite famille traverse donc tranquillement les allées du cimetière. Ce dont ils sont loin de se douter, c'est que Foata avait tout prévu. Il était persuadé que dès sa sortie de prison, Stefani ne pourrait s'empêcher de venir se recueillir auprès de sa défunte épouse. Il a donc décidé de veiller (ou plutôt « camper » si l'on tient compte des deux jours de vivres qu'il a amené avec lui), armé, dans le cimetière, en attendant la venue de son ennemi. Soudain, des balles fusent. Paoleshi en récolte plusieurs. Dix-sept dans l'intestin. Stefani a lui de bons réflexes. Il plonge entre deux tombes mais ne peut éviter une balle. Il la reçoit en plein dans ... son chapeau.

Tout comme Stefani dans la cabaret, Foata a donc lui aussi manqué son coup. Il prend alors la fuite. Manque de chance, il croise sur son chemin des fossoyeurs armés de bêches. Suffisant pour arrêter le fuyard. Un coup derrière la nuque et Foata se retrouve à terre. Assommé, il est placé en détention avant de se voir prononcer à son encontre une peine de sept ans de travaux forcés. Il faut dire que l'Ange n'a pas hésité à tout avouer (voire même à se charger). Entre les travaux et la mort qui l'attendait probablement dès sa sortie de prison, il a rapidement fait son choix ... Inutile de sortir trop tôt ...

Prisonnier modèle, Ange Foata sortira après la guerre et ouvrira un bar à Paris, avant de se retirer en Corse pour y mourir à plus de 80 ans. De son côté Stefani, débarrassé de son ennemi, fait dans le proxénétisme. Une querelle à propos d'une dîme jugée trop légère par son protecteur aura raison de lui : Stefani est abattu de quatre balles. Il avait alors 29 ans.




PARTIE 2 : LA VENDETTA DU SEMINARISTE

Corse né en Guyanne d'un père gardien de bagne, Ange Salicetti commence sa carrière comme apprenti ajusteur à l'arsenal de Toulon. Il le reste peu de temps. L'homme préfère les décharges d'adrénaline d'une vie de voyou. Pourtant, jeune, il se destinait à rentrer dans les ordres. Une vocation ratée qui lui vaudra dans le Mitan le surnom de « Séminariste ».

Caractère fort. Violent même. En 1937, l'Ange assassine Philippe Graziani, membre d'un clan corse proche de Paul Carbone qui dominait Toulon et présidait le syndicat local des patrons de maisons closes. Résultat : 8 ans de prison. Il purge sa peine à Nîmes. Enfin, une partie. En 1944, le 4 février, alors évadé en compagnie de 32 cedétenus communistes, Salicetti décide de venger un de ses cousins, Marcel Rafaëlli. Ange Fontana, Corso-Toulonnais, en fait les frais. Considéré comme le coupable par le Séminariste, Fontana est torturé jusqu'à la mort. Au fer à souder. Le cadavre est retrouvé attaché à un arbre du bois de Carge. L'Ange ne fait pas les choses à moitié.

1945. La guerre touche à sa fin. Salicetti se lance dans le trafic de tickets de rationnement et la fausse monnaie dans le sud de la France. Il est alors allié à des corses et des italiens de Marseille : La Bougne, Préjean, Rudolph... Le business rapporte. L'évasion oubliée pour faits de résistance, le truand investi. Dans plusieurs cabarets, à Paris, du côté de Montmartre. Il confie ceux-ci à des amis corses. Une délégation qui lui permet de se tourner vers d'autres affaires. Salicetti pille les trains de marchandises, et plus particulièrement les cartes d'alimentation qu'ils contiennent. L'homme est en effet un ambitieux. Prêt à tout. On ne lui résiste pas. Un neveu des Graziani, Sylvestre Nicolaï, venu à Paris pour acheter une affaire, en fait les frais. Tenancier à Pigalle, ce dernier a résister aux menaces de l'Ange. Erreur fatale. Deux balles. Dans la nuque et le dos.

Un peu plus tard, Adrien Caïetti, frère de l'une des anciennes maîtresses de Salicetti, est tué dans son bar l'Equipage. L'Ange hérite de ce dernier. Il s'ajoute à la Rascasse de la rue Lemercier.

1946. 19 Juillet. Salicetti est suspecté d'être l'auteur d'une agression dans le bar Le Hollandais, rue Pigalle, à Paris. Parmi les victimes, un certain Dominique Venturi. Ce dernier serait alors proche de Gaston Deferre. Trois autres hommes sont blessés. Cette fusillade est considérée comme une déclaration de guerre. Elle ne doit pas resté impunie. Première vengeance : un garde du corps du Séminariste est fauché à paris par trois tueurs. Réplique immédiate : l'un des trois tueurs est abattu dans un café en Corse. Ce n'est que le début.

1947. 14 septembre. Ange est blessé. Un attentat, à la sortie de la cathédrale d'Ajaccio. Accompagné par son oncle Benoît Pietri, ce dernier a moins de chance. Il est tué sur le coup. Le Séminariste est fou de rage. Ceux qui veulent sa perte doivent payer. Paul Milani en fait visiblement partie. Patron du bar Chez Fanfan, il tombe en novembre 1947 sous les balles. Au suivant. François Lucchinacci, dit « Le Notaire », ancien bras droit de Carbone, gérant de quelques boîtes parisienne. Il est tué dans son cabaret en 1948.

Le ball-trap continue. Xavier Bianchini et Tintin Tramini sont blessés à la plage d'Ajaccio. Eugène Bartoli est touché à Montmartre devant Chez Fanfan.

1949. 20 Janvier. Jo Renucci. Ancien ami du Notaire, il échappe de peu aux foudres de Salicetti. A la mitraillette de Salicetti plus précisément. Jo sortait alors d'un restaurant en compagnie d'un député gaulliste (Raulin) et de sa secrétaire. Renucci refuse l'offre du député qui lui propose de la ramener en voiture. Choix judicieux. La traction est arrosée. La secrétaire est tuée sur le coup. Renucci, multicarte du Milieu [voir article qui lui est consacré], ne doit pas laissé passer ça. Avec ses amis Dominique et Jean Venturi et Antoine Paolini, il décide de se venger. Et de régler son compte au Séminariste et à ses hommes.

Les fusillades se multiplient. De part et d'autre. Qui venge qui ? difficile à dire... Toujours est-il que Mathieu Costa, ami de l'Ange, patron du bar l'Autobus 22 à Paris, est poignardé le 30 juillet 1949 par un racketteur surnommé Jeannot le Dingue. A l'enterrement de Costa, Salicetti est présent. Erreur. Une rafale de mitraillette arrose sa voiture. Nouvel avertissement. Sans frais. Il s'en sort indemne. Ce n'est pas le cas d'un de ses lieutenant, blessé, ni de deux de ses gardes du corps. Venturi, Renucci, Paolini. Tels sont les noms des commanditaires selon les policiers.

1950. 3 Décembre. Le dénouement. Il fait nuit. Ange rentre chez lui, en banlieue parisienne. L'homme est prudent. Il change d'itinéraire chaque soir. Ce soir là, comme d'habitude, sa femme est au volant de la BMW. La voiture roule Jean Jaurès. 2h25. Salicetti, assis place passager, a le fusil entre les jambes. Précaution inutile. Une voiture surgit du boulevard d'Indochine. Des coups de feu sortent de celle-ci. L'Ange est atteint plein front.




PARTIE 3 : LA VENDETTA DU COMBINATIE (photo ci dessus)

L'épisode se déroule au temps où le trafic de cigarettes était très convoité, à savoir dans les années 50.

Renucci, Francisci, Venturi, Paolini, Luciano... tels sont les noms qui reviennent régulièrement lorsqu'il s'agit d'évoquer le trafic des « blondes ». Ce dernier rapporte beaucoup d'argent. Suffisamment pour nourrir quelques jalousies et rancunes. Importés pour moins de 50 francs (anciens bien évidemment), les paquets de cigarettes sont revendus entre 60 et 100 francs sur le territoire français. L'affaire du Combinatie et les règlements de compte qu'elle a engendré aura marqué plusieurs décennies du Milieu corse.

4 octobre 1952. Un cargo néerlandais, le Combinatie, quitte Tanger bourré de 2700 caisses de cigarettes. A son bord, Placido Pedemonte, capitaine du bateau. Celui-ci est alors un trafiquant expérimenté. Un trafiquant expérimenté qui s'est vu confié une mission pour le moins étrange : il doit se laisser aborder et piller par de faux pirates afin d'obtenir le remboursement de sa cargaison par les assurances. Les contrebandiers veulent en effet toucher un double bénéfice, à savoir la prime d'assurance et le bénéfice de la future revente les cigarettes détournées.

Dans la nuit, une vedette, l'Esme, avec Eliott Forrest à son bord, s'approche des flancs du Combinatie. Les hommes de Forrest passent très rapidement à l'abordage. Cagoulés et armés de manière à ressembler du mieux possible à de véritables pirates, ils pillent le cargo néerlandais. Problème. La tempête fait rage. Impossible de mener à bien la livraison des caisses détournées qui doit avoir lieu sur l'île du Riou, à proximité de Marseille. La décision est lors prise de faire route vers la Corse : sur les conseils de Venturi, les caisses seront débarquées et cachées dans la baie d'Ajaccio. C'est Antoine Paolini (un pilier du réseau), dit « Planche » et Jean Colonna, dit « Jean-Jean », qui surveillent cette opération.

L'affaire tourne mal. Le capitaine de l'Esme est trop bavard. Il ne peut s'empêcher de parler de cette sombre histoire d�abordage. Pendant ce temps, le capitaine du Combinatie, de retour à Tanger, accuse Eliott Forrest et ses complices de l'escroquerie. Résultat : des enquêtes judiciaires sont ouvertes. Les soupçons vont se porter vers des membres de l'équipe Renucci, dont Venturi et Francisci. Entendu sur ses relations avec Venturi, ce dernier ressortira libre. De son côté, Forrest doit se cacher.

Associés à tout ce joli petit monde, les frères Guérini donnent leurs recommandations. Pas de risques inutiles, donc pas question d'écouler tout de suite les cigarettes détournées. Il faut laisser l'orage passer. Malheureusement, tout le monde n'est pas de cet avis. Antoine Paolini tout du moins. Celui-ci est pourtant très proche de Jo Renucci, lui même très proche des frangins corses. Antoine et Jo ont mené une guérilla commune contre Ange Salicetti (voir Partie 1) par le passé.

Antoine Paolini est un ambitieux. Un impatient plutôt. Impatient de faire fortune. L'homme n'est pourtant pas dans le besoin. Il possède notamment un yatch, le Kidimieux. Mais pas de limousine. C'est pour palier à ce manque que Planche a hâte de toucher sa part du butin. Cette impatience va se transformer en inconscience lorsqu'il va décider de doubler tout le monde en dérobant une partie des caisses de cigarettes cachées en Corse. Dans le but de les revendre rapidement. Evidemment...

Trahison suprême. Paolini est vite suspecté. Ses anciens complices que sont entre autres Renucci et Guérini se fâchent. Colonna, sont ancien compère, est lui aussi en colère. Il ne va pas tarder à le faire savoir à un des proches du voleur de cigarettes. La rencontre est tendue. Une gifle part. Paolini se sent directement outragé. Outragé au point de se lancer dans une vendetta démesurée. Mais il va devoir faire face à une coalition. En effet, Francisci, Renucci, Venturi et Colonna font bloc face à la volonté de vengeance de Planche.

Survint alors une véritable vague de violence. Les deux camps vont être touchés. En 1955, le 15 juillet, c'est Jean Colonna qui est la cible des balles à Ajaccio. Il doit alors subir une amputation des deux jambes. Des orthopédistes anglais lui posent des prothèses. A Marseille, quelques jours plus tard, c'est Paolini en personne qui échappe de peu à la mort alors qu'il se trouve au volant de sa voiture Le lendemain, le cousin de Planche est abattu en Corse dans sa voiture.

Antoine ne se laisse pas intimider. Le 16 avril 1955, un ami de Venturi est blessé à Marseille. Le 11 juin, c'est au tour d'un ami de Planche, connu sous le surnom « l'Olive », d'être mortellement blessé. Le 18 juillet 1955, le frère de Jean Colonna est abattu froidement, sous les yeux de son fils (Jean Jé), par des tueurs déguisés en touristes agissant pour le compte de Planche. Jean n'était pourtant absolument pas lié à cette affaire. Son fils restera longtemps marqué par cette terrible vendetta au point de venger son père quelques années plus tard.

Les règlements de compte se suivent et se ressemblent. Le 27 août 1955, François, un ami de Planche, tombe sous les balles à la terrasse du Sporting, Cours Napoléon à Ajaccio. Le 6 septembre, ce sont les frères de François, Jean et Philippe, qui sont la cibles des tueurs. Ils n'en réchappent pas, contrairement à leur cousin qui n'est que blessé.

Le clan d'Antoine Paolini commence à se faire de plus en plus clairsemé. De plus en plus clairsemé et de moins en moins soudé. Antoine va en faire les frais . Le 4 novembre 1955, alors qu'il se trouve dans le quartier du Panier, à Marseille, Antoine est entraîné sous un faux prétexte le long du cimetière Saint Julien par deux lieutenants infidèles, retournés par la partie adverse. Ceux-ci l'abattent. Ces deux hommes sont surnommés « Sandre » et « Méu ». Ils se distingueront quelques années plus tard au sein du gang des blouses grises. Méu mourra sous les balles en 1972 lors d'une promenade en compagnie de son chien. Quant à Sandre, il sera tué par la Police lors d'une attaque d'un bureau de Poste.

Paolini disparu, un de ses lieutenants n'hésite pas à indiquer aux policiers des endroits où ont été cachées les cigarettes. Mais les frères Guérini, qui ont soutenu le clan Renucci durant cette période de règlement de compte, prennent les choses en main en menaçant l'indicateur de mort. Pendant ce temps, la vendetta se poursuit. Muziotti, Lorenzi, Caselli... on ne compte plus les victimes.

Au final, la vendetta du Combinatie aura fait près de trente victimes. Elle aura duré approximativement 20 ans.




Cet article ne constitue qu'un échantillon, bien d'autres vendettas ont en effet marqué l'histoire du Milieu, à commencer par celle très connue qui a opposé le clan de Francis Vanverberghe à celui de Gaétan Zampa


Photo: Le Combinatie

# Online seit Dienstag, 22. November, 2005 um 18:41

Geändert am Freitag, 25. Mai, 2007 um 06:37